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Cadmium : l'Anses alerte sur une surexposition accrue en France, d'origine alimentaire

Une expertise de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) confirme la surexposition de la population française au cadmium, un métal impliqué dans de nombreuses pathologies (cancers, maladies rénales, osseuses et cardiovasculaires…), et son augmentation ces dernières années. Elle est liée à l'ingestion de divers aliments du quotidien contaminés via les sols agricoles. Au vu de ces dernières données, l’Agence qualifie la situation de "préoccupante".  

25/03/2026 Par Dre Marielle Ammouche
Santé publique Santé environnementale
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Plusieurs études françaises (Esteban, EAT3) montrent, en effet, que les niveaux d’imprégnation de la population française augmentent, et en particulier chez les enfants. Et des estimations réalisées par l’Anses confirment "qu’une part significative de la population dépasse les valeurs sanitaires de référence élaborées par l'Agence". 

"Si les niveaux d’exposition actuels se maintiennent et qu’aucune action n’est mise en place, des effets néfastes à terme sont probables pour une part croissante de la population", alerte Géraldine Carne, coordinatrice de l’expertise à l’Anses.

Parmi les sources de contamination possibles (alimentation, eau, air, produits cosmétiques, …), l’alimentation est "de loin" la principale, étant à l'origine de près de 98 % de l'imprégnation au cadmium dans la population non fumeuse. Les céréales du petit-déjeuner sont au premier plan ainsi que le pain, les viennoiseries, les pâtisseries, mais aussi les pâtes, le riz, le blé, les pommes de terre et certains légumes. 

Le tabac constitue aussi une source d’imprégnation au cadmium. 

Les recommandations de l'Anses

La contamination des aliments provient de l'imprégnation des sols par des matières fertilisantes, en particulier par des engrais minéraux phosphatés.

Pour diminuer cette contamination, l’Anses recommande, en premier lieu, des actions sur l'agriculture avec l’application "dès que possible des valeurs limites en cadmium pour les matières fertilisantes épandues sur les sols agricoles, en particulier pour les engrais minéraux phosphatés". Des procédés de décadmiation peuvent aussi être mis en œuvre. En outre, l'Anses soutient la promotion de nouvelles pratiques agricoles, plus adaptées.

Elle souligne enfin l'importance d'agir également sur l’offre alimentaire "incluant les produits importés", en instituant des "teneurs maximums en cadmium pour les aliments les plus forts contributeurs à l’exposition".  

Références :

Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses, 25 mars).

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