@Peter Hansen - stock.adobe.com
aGLP-1 : des effets indésirables potentiellement graves, surtout en cas de mésusage
L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) alerte sur les risques persistants de "mésusages dangereux" concernant les médicaments anti-obésité aGLP-1.
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Le 3e rapport de pharmacovigilance sur ce sujet, qui vient d’être rendu publique, met en évidence la persistance de "mésusages dangereux", sources d’effets indésirables potentiellement graves – principalement des pancréatites - , en particulier lorsqu’ils sont utilisés pour la perte de poids en dehors de tout cadre médical.
L’ANSM confirme cependant le rapport bénéfice/risque favorable des aGLP-1 lorsqu’ils sont utilisés conformément aux recommandations.
13 décès
Ainsi, sur la période de l’étude – entre février 2025 et janvier 2026 - , le nombre de patients traités par un aGLP-1 est estimé à plus de 840 000 en France. Les indications étaient un diabète de type 2 ou un contrôle du poids. Mais près d’une indication sur trois n’était pas renseignée ou non autorisée.
Sur cette période, 2 801 cas d'effets indésirables ont été signalés, dont 515 cas graves (âge moyen 53,1 ans ; 64,9 % de femmes) et 13 décès.
Les effets indésirables les plus souvent rencontrés étaient généralement bénins, gastro-intestinaux. Mais cinq pancréatites ont aussi été observées, dont deux sont possiblement responsables de décès. Même si "ces effets sont connus et mentionnés dans les notices", précise l’ANSM.
En outre, dans 36 cas, les effets indésirables étaient liés à une utilisation non appropriée pour perte de poids (circuit non officiels, doses trop élevées), dont 17 cas graves. Cela concernait plutôt des personnes jeunes.
Il persiste aussi un risque de carences nutritionnelles et de malnutrition liée à une perte de poids importante et non contrôlée.
Risques d’interactions médicamenteuses
Des interactions médicamenteuses problématiques ont aussi été observées. Cela concerne notamment des médicaments dits "à marge thérapeutique étroite" et en particulier certains anticoagulants, pour lesquels une adaptation des doses est parfois nécessaire. Les aGLP-1 pourraient également majorer le risque d'acidose lactique, en cas de traitement par metformine, "notamment en cas de déshydratation liée à des vomissements", précise l’ANSM. Deux décès pourraient être liés à ce mécanisme.
Il pourrait aussi exister un risque de diminution de l’efficacité des contraceptifs lors de la prise d’un aGLP-1. Une évaluation au niveau européen est actuellement en cours.
Enfin, des effets secondaires inattendus font actuellement l’objet d’une surveillance renforcée. Il s’agit d’atteintes ophtalmologiques (aggravations de rétinopathie diabétique, atteintes du nerf optique), d’infections ou d’inflammations hépatiques ou biliaires, d’AIT/ AVC, ou encore de troubles de l’érection.
Références :
Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, 7 octobre 2026.
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