Congrès ERS : Gérer les séquelles pulmonaires de Covid

30/09/2020 Par Corinne Tutin
Pneumologie
A 3 mois, de nombreux patients conservent une dyspnée après une infection Covid-19 sévère.
 

Les premiers résultats de l’étude prospective CovILD observés chez 86 patients d’âge moyen 61 ans (à 65 % de sexe masculin, dans les deux tiers des cas en surpoids, près d’une fois sur deux fumeurs ou anciens fumeurs) révèlent que les survivants à une infection sévère Covid-19 présentent souvent des anomalies pulmonaires des semaines après la fin de l’infection. « Cependant, ces altérations s’améliorent avec le temps », a indiqué le Dr Sabina Sahanic (Clinique universitaire d’Innsbruck, Autriche). Aucune fibrose pulmonaire interstitielle n’a non plus été retrouvée dans cette série. Dans le détail, 47 % des malades conservaient à 6 semaines une dyspnée, le plus souvent légère à modérée, et 39 % , à 12 semaines. Quinze pour cent des patients continuaient à 12 semaines, comme à 6,  de tousser. Le Volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) et la Capacité de diffusion du monoxyde de carbone (DLCO) se sont améliorés entre 6 et 12 semaines, mais demeuraient à 12 semaines tous les deux inférieurs à 80 % de la valeur normale chez environ un patient sur cinq. Le scanner thoracique a décelé la présence de lésions pathologiques (réticulation) chez 88 % des malades à 6 semaines et chez 56 % à 12 semaines. Mais, les lésions étaient rarement sévères: 8 % à 6 semaines, 4 % à 12 semaines. Le Dr Sahanic a insisté sur l’importance de suivre attentivement les patients pour éventuellement leur proposer un traitement, et a souligné que le scanner peut repérer des lésions non suspectées au vu de la fonction pulmonaire.

« Chez les patients ayant été intubés, la réhabilitation pulmonaire est d’autant plus efficace qu’elle est proposée précocement suivant l’extubation », a ajouté le Dr Yara Al Chikhanie au vu d’une étude mise en place au centre de réhabilitation Dieulefit Santé (Grenoble) chez 19 malades, d’âge moyen 71 ans restés, en moyenne, 3 semaines en soins intensifs. Les patients pris en charge dans les 10 jours présentaient une meilleure vitesse de marche que ceux pris en charge plus tardivement. Ce programme, qui associe exercices respiratoires, de renforcement musculaire et d’endurance, de marche et d’équilibre, devra dans tous les cas être adapté aux possibilités des patients, lesquels présentent, après intubation,  une capacité respiratoire réduite, une faiblesse musculaire, des problèmes d’équilibre, une fatigue importante et sont, par ailleurs, sujets à l’anxiété, à la dépression, ou à la survenue d’un syndrome de stress post-traumatique. Après 3 semaines de réhabilitation, les patients pouvaient parcourir dans cette étude 43 % de la distance de marche normale contre 16 % au début. « C’est bien mais pas suffisant », a estimé le Dr Al Chikhanie qui a milité pour des programmes plus longs.    

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