Congrès de l’Encéphale : des psychothérapies plus si virtuelles

13/02/2019 Par Corinne Tutin
Psychiatrie

Leur intérêt est constaté dans de multiple pathologie, et en particulier chez les sujets souffrant de phobie

"Depuis quelques années, la réalité virtuelle est largement employée en psychiatrie", a expliqué Lise Cerda, psychologue à l’Université Aix-Marseille. Une revue de la littérature de D. Freeman, publiée en 2017, a ainsi répertorié 285 études, dont 86 concernant l’évaluation, 45 portant sur les modèles théoriques, et 154 sur le traitement, avec une activité démontrée dans les troubles anxieux, la schizophrénie, les addictions, les troubles du comportement alimentaire*. "Ces techniques peuvent être utilisées, en association ou non aux autres méthodes psychothérapeutiques, leur efficacité étant liée à leur capacité d’induire chez le malade les mêmes pensées, émotions et comportements que dans la réalité, en engendrant un sentiment de présence, faisant considérer l’expérience virtuelle comme réaliste". Les avantages de la psychothérapie en réalité virtuelle sont "qu’elle est ludique, plutôt économique, et des études ont montré qu’elle permet un transfert des apprentissages, augmente la motivation à apprendre, accroît l’engagement des patients dans la thérapie".
Cette méthode est également précieuse chez le quart des patients phobiques qui refusent, comme l’ont montré des études, d’être exposés à l’objet phobogène réel. "Globalement, ces nouvelles méthodes agissent mieux chez les patients les plus jeunes que chez les plus âgés. Pour autant, elles ne conviennent pas à tous, car elles demandent que le patient soit "transporté". Ce qui dépend des expériences de vie individuelles". Ces méthodes ont aussi des contre-indications liées à l’existence d’une épilepsie, de troubles ophtalmologiques rendant impossible la vision en 3 D ("mais le patient peut garder ses lunettes"), ou enfin, à la persistance d’un "cybermalaise", proche du mal des transports. "Ce trouble est assez courant, a admis Lise Cerda, mais le plus souvent, il s’atténue en une dizaine de minutes, et n’empêche pas la poursuite de la thérapie". *Freeman B, et al. Psychol Med. 2017 ;47:2393-2400.

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2