Après la TNM, une nouvelle classification des cancers est indispensable, selon des chercheurs français

07/02/2024 Par Marielle Ammouche
Cancérologie
La classification actuelle des cancers – basée sur l’organe atteint en premier - pourrait bien être dépassée actuellement, du fait des progrès qui ont été réalisés ces dernières années. Elle pourrait même nuire à la prise en charge de certains patients. En particulier les plus sévères, représentés par les formes métastatiques (qui représentent 60 à 90% des décès par cancer).

 

C’est en tout cas ce que soutiennent des médecins-chercheurs de l’Institut Gustave Roussy (IGR) et de l’Université Paris-Saclay qui viennent de publier, dans la revue Nature, un article en ce sens. "La classification qui fait autorité en oncologie, reposant sur l’organe dans lequel est apparu le cancer, ne correspond plus aux avancées thérapeutiques réalisées ces dernières années. Pire, elle est désormais parfois un frein qui empêche certains patients d’accéder à un traitement adapté. Plus de 80 ans après la création de la classification TNM par Pierre Denoix, ancien directeur général de Gustave Roussy, il est aujourd’hui crucial d’adopter une approche moléculaire des cancers métastatiques, en lien avec les avancées de la recherche", explique le Pr Fabrice Barlesi, directeur général de Gustave Roussy. 

Force est de constater, pourtant, que l’ensemble de la discipline et de l’organisation des soins repose sur une segmentation en fonction de l’organe. Mais, depuis quelques années, la caractérisation moléculaire et immunitaire des tumeurs a largement fait progresser les traitements. Or, ces caractéristiques sont partagées par plusieurs types de cancers d’organes (mutation TP56, …). Et à l’inverse au sein d’un cancer d’un organe, plusieurs sous-groupes moléculaires coexistent (Mutation MET, EGFR, …). 

Et sur le plan thérapeutique, certains traitements - dits pan-tumoraux - ciblent une anomalie moléculaire (ex HER2), et non un organe en particulier ; et avec des résultats prometteurs. Or, les autorisations de mise sur le marché (AMM) ne sont parfois données que pour un seul organe (ex olaparib, anti-PD1/PDL1). "Ces retards pris dans l’octroi des autorisations s’expliquent par la segmentation des essais cliniques, qui doivent démontrer leur efficacité par type d’organe d’origine du cancer", affirme l’IGR, dans un communiqué accompagnant la publication de l’article. Et ce, d’autant que les essais de phase 3 nécessaires à l’AMM nécessitent un nombre important de patients. "Transformer la classification des cancers permettra donc aussi de rationaliser et limiter le nombre d’essais cliniques et induira également une nouvelle manière d’enseigner l’oncologie avec une simplification majeure pour les futurs étudiants, tout comme pour les patients", souligne l’IGR.  

Dans ce contexte, il apparait fondamental de "mettre à disposition des patients et des médecins/chercheurs des méthodes de profilage moléculaire efficaces et abordables", écrit l’institut. En lien notamment avec le déploiement des plateformes de séquençage sur le territoire, et de l’intelligence artificielle (IA). Dans le futur, l’IA sera, en effet, "capable d’identifier à faible coût des anomalies génétiques à partir de lames d’histologie des patients".

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