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C'est du "terrorisme" : après avoir comparé les internes grévistes aux ouvriers de raffinerie, le chef de service persiste et signe

Pointé du doigt par les étudiants en médecine et certains confrères pour avoir envoyé un mail acerbe aux internes ayant choisi de faire grève le 31 octobre dernier, le chef de service des urgences du CHU de Rouen assure assumer complètement ses propos. Il les accuse d’avoir sciemment organisé un “déficit dans la qualité des soins”. 

 

Il a découvert “avec stupéfaction” lundi 31 octobre, pendant ses congés, que les internes de son service s’étaient mis en grève contre la quatrième année d’internat durant le week-end qui précédait… En réaction, le chef de service des urgences du CHU de Rouen a décidé de leur adresser un long mail leur reprochant leur absence et leur attitude “à se foutre de tout”. Impossible de compter sur vous ! Vous pouvez tout à fait vous comporter comme des ouvriers de raffinerie et vous foutre de tout, à commencer par les patients et les équipes du service des urgences. Ce faisant, vous nous poussez à avoir avec vous des relations ‘patron’ à ‘ouvrier’ dans le sens le plus péjoratif du terme. Ce ne sont pas celles que j’envisageais avec de futurs collègues médecins”, avait-il notamment écrit. Des propos qui n’ont pas manqué de faire réagir, sur les réseaux sociaux notamment. 

Contacté par la rédaction de 76actu, le Pr Luc-Marie Joly assure “assumer la totalité de ses propos”. Et va même plus loin… : “Les internes ont le droit de faire grève, mais habituellement, on les réquisitionne. Là, ils se sont déclarés pendant le week-end et ont voulu une grève dure, en organisant sciemment un déficit dans la qualité des soins. Et ça, ça s’appelle la guerre, le terrorisme”, a-t-il déclaré à nos confrères. 

Le PU-PH justifie la dureté de ses propos par le “sous-effectif médical”. “Lundi matin, les patients étaient très nombreux dans le service, ils attendaient depuis plus de 24 heures pour certains. Si un interne n’est pas là, cela génère plus de difficultés pour le médecin senior. Cela crée une dégradation de la prise en charge des patients”, explique-t-il. 

Même s’il promet respecter le droit de grève des internes, il estime enfin que ce dernier n’est pas “au-dessus du soin des patients”

[avec 76actu]

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