Les internes marseillais se mettent en grève contre la loi de santé

17/07/2019 Par A.M.
Réuni en assemblée générale, les internes des hôpitaux de Marseille ont voté le lancement d'une grève générale et illimitée le lundi 22 juillet, pour protester contre l'article de la loi de santé qui leur impose d'effectuer un stage ambulatoire dans un désert.

  Le projet de loi de santé a été définitivement adopté par le Parlement hier après-midi, mais les carabins n'ont pas dit leur dernier mot. Ils protestent contre un article, issu de l'examen en commission mixte paritaire, qui impose aux internes d'effectuer en dernière année un stage ambulatoire en autonomie supervisée, "en priorité" dans les zones sous-denses. Sont concernés les internes en médecine générale et d'autres spécialités "à exercice majoritairement ambulatoire", qui seront listées par décret. "Cette mesure, en plus d'être démagogique, est doublement contre-productive, fulmine le Syndicat autonome des internes des hôpitaux de Marseille (SAIHM) dans un communiqué diffusé mardi 16 juillet. Elle pénalisera à la fois l'interne qui ne sera pas formé dans les meilleures conditions par manque d'encadrement et surtout les patients vivant dans ses zones qui n'auront pour la plupart en guise de médecins, que des étudiants en formation."

En effet, faute de maitres de stage universitaire en nombre suffisant*, tous les internes de médecine générale ne sont pas actuellement en mesure d'effectuer leur Saspas (stage ambulatoire en soins primaires en autonomie supervisée) en dernière année comme le prévoit la maquette du DES. La mise en application de cette disposition de la loi de santé à marche forcée suscite légitiment des craintes parmi les premiers concernés, qui ne veulent pas faire les frais "du désengagement de l'Etat" dans ces territoires et de "réformes catastrophiques". Réuni en assemblée générale à l'appel du SAIHM le 8 juillet, les internes marseillais ont décidé de faire grève à compter du lundi 22 juillet. La date n'avait pas été choisie au hasard : c'est le mardi 23 juillet initialement que le Sénat devait voter la loi de Santé. Le vote a finalement eu lieu hier, mais qu'importe pour les carabins : "Nous exigeons un retrait total de cette mesure contraignante, dégradant la qualité de notre formation et celle de la prise en charge médicale des patients". Reste à savoir si d'autres facultés suivront le mouvement.   *Au 1er janvier 2019, il y avait 4076 MSU Saspas d'après les derniers chiffres du CNGE.

Vignette
Vignette

Etes-vous favorable à la création d'une consultation de soins infirmiers?

Dominique Le Meitour

Dominique Le Meitour

Non

Revaloriser les actes infirmiers seraient déjà la première reconnaissance pour la profession. Le glissement de tâches médicale à m... Lire plus

0 commentaire
9 débatteurs en ligne9 en ligne





La sélection de la rédaction

Rémunération
"La visite à domicile ne survivra pas à l’été" : le cri d'alarme de SOS Médecins
02/04/2024
13
Assistant médical
"Il faut arriver à transposer l'assistant médical dans une notion d'équipe": aux Rencontres d'AVECsanté...
03/04/2024
4
Neurologie
Syndrome de Guillain-Barré : une urgence diagnostique et thérapeutique
04/04/2024
0
Santé publique
Ce qui se cache derrière la hausse inquiétante de l'infertilité
13/03/2024
17
"Ils ont une peur primaire de la psychiatrie" : pourquoi les étudiants en médecine délaissent cette spécialité
27/02/2024
28
Podcast
"C'est assez intense" : reportage dans un centre de formation des assistants médicaux
01/03/2024
9