coût de la rentrée

@Andrey Popov/stock.adobe.com

Les étudiants en médecine "toujours plus" précarisés : le coût de la rentrée 2026 dévoilé

L'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) a publié, ce mercredi 2 septembre, son 10e indicateur du coût de la rentrée. Cette année est encore marquée par une hausse des dépenses, qui suivent "l'inflation", estime Thibault Patey, président de l'association. Les étudiants originaires d'un pays hors de l'Union européenne sont particulièrement touchés.  

02/09/2026 Par Chloé Subileau
PASS/LAS Externat Kiné
coût de la rentrée

@Andrey Popov/stock.adobe.com

Cette année encore, le coût de la rentrée s'alourdit pour les carabins. Il s'élève à 5 998,97 euros pour les étudiants entrant en externat, soit +2,52% par rapport à l'an dernier. Ce coût atteint les 9 597,31 euros pour les jeunes débutant un Pass (+1,76% par rapport à 2025) et 7 627,25 euros pour ceux intégrant une LAS (+11,1%). Ces chiffres sont issus du 10e indicateur du coût de la rentrée (ICR), publié mercredi 2 septembre par l'Anemf.  

Les augmentations observées cette rentrée suivent "globalement l'inflation", analyse Thibault Patey, à la tête de l'association. Ces hausses se poursuivent d'année en année, "ce qui précarise toujours plus" les étudiants, ajoute-t-il. "C'est toujours un enjeu."  

Comme chaque année, l'ICR est calculé à partir notamment de données de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) et de remontées de représentants des carabins. Il est évalué sur la base d'un "étudiant-type", non boursier et ne vivant plus au domicile familial. L'an dernier, il s'élevait au niveau national à près de 5 850 euros pour un étudiant en première année d'externat, à 9 432 euros en Pass et à 6 865 euros en LAS.  

Pour calculer cet ICR, l'Anemf prend en compte les frais spécifiques à chaque niveau (Pass, LAS, externat…), les frais généraux de rentrée et ceux mensuels de vie courante – tous deux communs à tous les étudiants. Et certaines dépenses pèsent plus que d'autres sur le portefeuille des carabins. Les loyers, les taxes et les charges sont parmi celles dont "l'augmentation impacte le plus" les aspirants médecins, cite notamment Thibault Patey. Pour le reste, "on observe des petites variations", ajoute-t-il.  

Parmi toutes ces hausses, une petite lueur d'espoir : les dépenses dues aux protections menstruelles diminuent. Cette baisse – bien que restreinte, puisqu'elle passe de 12,23 euros à 11,56 euros - s'explique notamment par "de plus en plus de plans de distribution" et un "remboursement de ces protections [réutilisables] pour les moins de 26 ans", qui doit débuter le 1er octobre prochain, explique le président de l'Anemf.  

Les disparités entre les régions restent importantes. En 2025, l'ICR pour les étudiants franciliens entrant en première année d'externat était 700 euros plus élevé que les autres étudiants. La tendance semble s'être accentuée cette année. Pour cause : plus de 800 euros séparent l'ICR des néo-externes franciliens de ceux résidant hors région parisienne en 2026. Pour les étudiants en Pass, cet écart est de plus de 2250 euros selon les données de l'Anemf ; et d'environ 400 euros pour les étudiants entrant en LAS. 

Des frais supérieurs pour les étudiants étrangers 

Petite nouveauté cette année : la prise en compte des frais déboursés par les étudiants extra-communautaires, dont le coût de la rentrée explose. Ces étudiants, originaires d'un pays hors de l'Union européenne, doivent s'acquitter de frais d'inscription universitaires de 2 902 euros en premier cycle, contre 178 euros pour les étudiants dits "communautaires". Ces dépenses s'élèvent à 3 950 euros à l'entrée en deuxième cycle pour ces étudiants étrangers, contre 255 euros pour les autres.

Depuis la mise en place du plan "Bienvenue en France" en 2019, "des frais différenciés s'appliquer à ces étudiants", détaille Thibault Patey. "L'inscription à l'université coûte en moyenne 16 fois plus pour eux. C'est marquant", ajoute le responsable associatif. D'autant qu'un décret, paru le 19 mai dernier, vient restreindre les possibilités pour les universités d'exonérer les étudiants non-communautaires de ces droits d'inscription. Il prévoit qu'à terme, chaque université ne puisse exonérer de ces frais d'inscription qu'un maximum de 20% d'étudiants étrangers. 

"Cette situation est une rupture franche avec l'égalité des chances que prône l'Anemf" et "fragilise encore plus cette population qui pour un grand nombre d'entre eux risquent de devoir arrêter leurs études", détaille l'association dans le document accompagnant la publication de son ICR 2026. L'instance appelle donc à ne pas augmenter les frais d'inscription de ces étudiants étrangers.  

Référentiels, rémunération des stages… 

Alors qu'un carabin sur cinq rencontre des difficultés financières, l'Anemf appelle plus largement les pouvoirs à agir. Comme l'an dernier, elle dénonce notamment la publication de trop nombreux référentiels de spécialités. Ces dépenses ne sont pourtant pas négligeables, puisqu'elles représentent plusieurs centaines d'euros pour chaque étudiant. "Ces référentiels n'ont pas le statut de livres scolaires, ce qui empêche la distribution ou l'achat de ces livres à des prix réduits pour que les associations étudiantes puissent les revendre", pointe Thibault Patey, qui appelle à la création d'un "référentiel unique", "accessible au format numérique et gratuitement".  

Autre dépense dans la ligne de mire de l'association : le recours aux prépas privées pour entrée en études de santé ou passer les EDN, pour lesquelles les aspirants médecins déboursent chaque année plusieurs milliers d'euros. Pour exemple, un étudiant entrant en Pass ayant recours à un tutorat débourse, en 2026, 197 euros hors Ile-de-France et 193 euros en région parisienne de frais de rentrée pédagogique. S'il ajoute un organisme privé, ces frais atteignent 6 133 euros hors Ile-de-France et 8 016 euros en région parisienne.  

Pour inverser la tendance, l'Anemf invite les tutorats à devenir "les interlocuteurs privilégiés des lycéens" concernant le Pass et la LAS. De même pour les néo-externes, pour lesquels l'association étudiante souhaite le "développement" et le "soutien par les universités des systèmes de tutorats d'années supérieures". 

Pour aider les carabins à supporter ces frais, l'Anemf appelle également à revaloriser les salaires des étudiants hospitaliers à hauteur de ceux des étudiants stagiaires du deuxième cycle de l'enseignement supérieur, soit 4,50 euros l'heure contre 2,76 euros net en moyenne actuellement. Il en va de même pour les gardes qui, selon l'association étudiantes, doivent être alignées avec les gardes des étudiants hospitaliers.

D'autres revendications portent, elles, sur la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC), dont tous les étudiants doivent s'acquitter, qui s'élève à 105 euros, soit 15 euros de plus qu'en 2018, pointe l'Anemf. L'organisation demande à ce que cette contribution ne soit plus indexée sur l'inflation et réclame son "gel" à 90 euros, son prix initial en 2018.  

Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

Pascale Debenest

Pascale Debenest

Non

J'ai choisi médecine libérale justement pour être libre d'organiser mes journées comme je l'entends . Je suis en campagne (bourg d... Lire plus

5 débatteurs en ligne5 en ligne
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Eric Allaire
41 points
Chirurgie vasculaire
il y a 1 mois
Comme beaucoup, j'ai travaillé la nuit et les week-ends pour financer mes études : j'ai beaucoup appris du métier d'aide soignant puis d'infirmier. Il suffirait (!) de rémunérer l'activité médicale après les études comme dans les les européens de même richesse pour régler l'essentiel de la question. Par ailleurs, je trouve glaçante la discussion sur les protections féminines - cela suggère une certaine paupérisation de la France, un peu Cuba.
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Binocle Lulu
5,6 k points
Débatteur Passionné
Ophtalmologie
il y a 2 mois
Et alors, il faudrait faire gratuit pour les étrangers et faire payer les autres ? Moi aussi jai travaillé la nuit pour payer mes études,.
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PHILIPPE LEROY
825 points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
Et les politiciens et autre neuneu diront que les étudiants en médecine sont corvéables et doivent s'installer dans des déserts médicaux car leurs études sont "gratuites" !!!
 
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