Dipa : "La dette ne sera pas effacée", annonce le directeur de la Cnam

14/09/2021 Par Marion Jort
Assurance maladie / Mutuelles
Alors que plus de 25.000 médecins ont été sommés de rembourser une partie de l’avance perçue au titre du Dispositif d’indemnisation de la perte d’activité (Dipa), le directeur de la Cnam a expliqué que l’ardoise ne serait pas effacée.  

Présent lors de l’université d’été de la CSMF, qui se déroulait ce week-end à Antibes, Thomas Fatôme, le directeur de la Cnam, a vivement été interpellé par les médecins en colère au sujet du remboursement du Dispositif d’indemnisation de la perte d’activité (Dipa). 

Plus de 25.000 médecins se sont, en effet, vu demander par la Cnam de rembourser une partie de l’avance perçue au titre du Dipa. Parmi eux, environ 15.000 généralistes et 11.000 autres spécialistes. Comprenant leur colère, le directeur de la Cnam est néanmoins resté ferme sur ce sujet : “Il n’y aura pas d’effacement de la dette”, a-t-il expliqué aux médecins présents dans l’assemblée. “Effacer l’ardoise, c’est honnêtement impossible. Le Dipa pour les généralistes, c’est 540 millions d’euros. Cela représente 7.200 euros en moyenne par médecin généraliste. Ça n'a pas été fait pour remplacer les revenus”, a-t-il continué.  

“On a décidé d’accompagner les professionnels de santé avec cette aide Dipa. A ce moment-là, on a fait un certain nombre de choix, notamment celui de verser une avance rapidement pour permettre de prendre en charge toutes les charges”, a commencé Thomas Fatôme avant de poursuivre : “On aurait pu attendre, dire qu’on voulait d’abord voir ce qui a été versé par exemple par le fond de solidarité, les IJ, voir comment ça se passe avant de calculer. Mais non : dès la mi-mai, on a versé une avance.”  

Face aux médecins circonspects, le directeur de la Cnam a néanmoins reconnu qu'en choisissant ce fonctionnement, “on avait pris le risque d’une régulation”. “Mais c’est un choix dicté par la nature de l’aide. Et je rappelle qu’il y a eu des trop-perçus, mais aussi des compléments qui ont été versés.”  

Pour calmer le débat, Thomas Fatôme a assuré que “personne n’avait fait d’erreur”. “Il était logique, il est logique, de prendre en compte l’activité au mois d’avril et de juin. Il n’aurait pas été logique de prendre en compte les forfaits en 2020 et pas en 2021, car ça aurait voulu dire qu’on favorise ceux qui ont des gros forfaits”, s’est-il encore justifié.  

 

La Cnam veut aider les médecins concernés par les trop-perçus  

Pour aider les médecins, le directeur de la Cnam a néanmoins annoncé que les remboursements s'étaleront sur douze mois et il sera possible pour ceux qui le souhaitent de commencer à rembourser à partir du mois de décembre, plutôt qu’au mois de novembre. De plus, des informations complémentaires sur les modalités de remboursement ont été renseignées dans le téléservice Ameli.  

 
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Thomas Grenier

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