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Cariste, retraitée, coach en santé, homéopathe… Que deviennent les médecins suspendus ? [ENQUÊTE]

Depuis le 15 septembre 2021, les professionnels de santé non vaccinés contre le Covid n'ont plus le droit d'exercer. Alors que la question de leur réintégration est régulièrement débattue, le ministre de la Santé François Braun a annoncé le 13 juillet avoir saisi la Haute Autorité de santé (HAS) et le Conseil national d’éthique (CCNE) sur ce sujet hautement polémique. L'Académie de médecine a d'ores et déjà rendu son verdict, se positionnant contre cette éventualité. En attendant le résultat de ces consultations, Egora a cherché à savoir ce que devenaient les médecins suspendus. Entre écriture d'un livre, participation à une ONG, apprentissage des "médecines" alternatives ou encore retraite anticipée, trois généralistes suspendus ont accepté de témoigner.

 

"Ils ont tous un sentiment d'injustice et la sensation que le sésame de la santé publique a prédominé sur tout le reste." Maître Fabien Stucklé, avocat au barreau de Besançon en charge de plusieurs dossiers de médecins suspendus pour non-vaccination contre le Covid, résume l'état d'esprit de ses clients. L'homme de loi dénonce "la violence inouïe" de ces suspensions et "l'acharnement" dont ont été victime les praticiens. "Certains sont passés complétement à autre chose. Ils ont été trop dégoutés et ont préféré arrêter la médecine. Il y a eu une cassure, une fracture totale. Un de mes clients est devenu cariste", rapporte l'avocat.

Si plusieurs médecins suspendus ont tenté une action en justice, aucune n'a abouti. Seuls les soignants qui étaient en arrêt de travail au moment de l'entrée en vigueur de l'obligation n'ont pas été privés de salaire. Et encore. "Les établissements ont demandé des contres visites qui mettaient fin aux arrêts de travail", s'indigne l'avocat, qui a reçu "une fin de non-recevoir" à toutes ses procédures. "Une cliente en congé maternité a été interdite d'être remplacée", ajoute Maître David Guyon, avocat de soignants suspendus au barreau de Montpellier.

"Ça ne sert à rien d'avoir un avocat, pas un n'arrive à quelque chose", constate, dépitée, le Dr Véronique Rogez. Cette médecin généraliste installée à Noyon, dans l'Oise, a définitivement fermé son cabinet le 1er janvier 2022. "Je suis interdite d'exercer. Mon crime, c'est de ne pas être d'accord avec le Gouvernement, avec sa politique sanitaire et en particulier vaccinale", expliquait la praticienne dans une vidéo postée le 1er janvier sur son compte Facebook. "J'étais à trois ou quatre ans de la retraite, je l'ai donc prise en anticipé", rapporte la généraliste à Egora.

 

"Les patients m'ont critiquée, ça a été la double peine"

Une retraite forcée qui a toutefois du mal à passer pour la soignante. "J'ai été virée, pire qu'une criminelle, menacée de prison si j'ouvrais mon cabinet. Je suis qualifiée de dangereuse et irresponsable. Du jour au lendemain, j'ai laissé une patientèle de 1.500 personnes dans un désert médical. Les patients m'ont critiquée de ne pas avoir donné l'exemple...

Ces soignants ont privilégié une conviction toute personnelle et non scientifique par rapport à l'intérêt collectif dans un contexte de pandémie. Doit...
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