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Victime d'inceste, elle alerte les pouvoirs publics sur le non-remboursement des psychothérapies spécialisées
Victime d'inceste par soumission chimique entre l'âge de 7 et 17 ans, Hélène alerte les pouvoirs publics depuis 13 ans sur l'absence de prise en charge des psychothérapies spécialisées dans les psychotraumatismes. Elle a repris la plume pour s'adresser au Président de la République, à l'Assurance maladie ou encore à la ministre de la Santé.
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"L’inceste est un vrai problème de société, et je vois aujourd’hui comment on traite les victimes : 'Débrouillez-vous toute seule, vous ne serez pas remboursée ! Vous n’avez pas les moyens, prenez des antidépresseurs, on prendra aussi en charge vos arrêts de travail pour dépression'", écrivait en 2012 Hélène, suite au refus de la CPAM de prendre en charge ses séances d'EMDR, thérapie pourtant recommandée par la HAS pour le traitement de l’état de stress post traumatique.
"Je suis très choquée que cette technique qui fait des miracles en termes de guérison des traumatismes profonds ne soit pas prise en charge par la Sécurité sociale. La société attend-t-elle de ses concitoyens victimes de traumas qu’ils soient vraiment au bord du gouffre pour les aider en remboursant leurs antidépresseurs", questionnait-elle.
13 ans plus tard, Hélène a repris la plume pour s'adresser à Emmanuel Macron, à la Cnam ou encore à la ministre de la Santé Stéphanie Rist. "La collectivité rembourse largement les médicaments, mais laisse encore aujourd’hui une grande partie du coût du soin psychotraumatique à la charge des victimes. Treize ans plus tard, force est de constater que la situation a très peu évolué", a-t-elle déploré, pointant le fait que "les psychologues formés aux thérapies spécialisées du psychotraumatisme, notamment l’EMDR ou les thérapies cognitivo-comportementales orientées trauma, restent peu ou pas pris en charge".
"Les victimes des attentats du Bataclan sont prises en charge, à juste titre. Ma psychologue reçoit des victimes du Bataclan dont les soins sont intégralement remboursés. Pourquoi les victimes d’inceste ne le seraient-elles pas ? Cette situation interroge la cohérence du système de santé au regard du principe d’égalité devant l’accès aux soins", estime Hélène, qui souligne qu'un défaut de prise en charge a des répercussions sur les finances publiques ("traitements médicamenteux prolongés, arrêts de travail répétés, invalidité, précarisation professionnelle..").
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