@Ilona/Stock.adobe.com
Diagnostic psychiatrique : les médecins ne s'accordent que dans 55% des cas, selon une étude
Une étude internationale menée auprès de 1 038 médecins travaillant en psychiatrie montre que, face à un même cas clinique, ils ne s'accordent sur le diagnostic que dans 55 % des cas.
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C'est une étude de grande ampleur qui a été menée par des chercheurs de l'université de Copenhague. Afin d'étudier la fiabilité des diagnostics psychiatriques, ces chercheurs ont soumis 1 038 médecins de 19 pays – 639 psychiatres, 282 internes en psychiatrie et 117 autres médecins exerçant en psychiatrie de l'adulte – à un test. Les résultats, publiés en juillet dans la revue Frontiers in Psychiatry, montrent que, face à un même cas clinique, ces derniers ne parvenaient au même diagnostic que dans 55 % des cas.
Chacun des 1 038 médecins intégrés à l'étude s'était vu attribuer aléatoirement deux descriptions écrites parmi un lot de neuf cas standardisés. Les neuf cas comprenaient trois cas de schizophrénie, un cas de trouble schizotypique, de trouble bipolaire, d'épisode dépressif, de trouble d'anxiété généralisée, de trouble obsessionnel-compulsif (TOC) et de trouble de la personnalité émotionnellement instable. Les médecins devaient poser un diagnostic à l'aide de la classification internationale des maladies de l'OMS, la CIM-10.
Résultat : deux médecins confrontés à un même cas ne s'accordent sur le diagnostic qu'environ… une fois sur deux. Les chercheurs ont ainsi observé un accord diagnostique dans 54,9 % des cas. La variabilité diagnostique était significativement plus élevée pour la schizophrénie. Les cas de schizophrénie étaient fréquemment classés comme TOC, trouble de la personnalité ou trouble bipolaire, lit-on dans l'étude, repérée par nos confrères de Science et vie.
"Notre étude montre que lorsque deux psychiatres diagnostiquent le même patient, ils ne s'accordent que dans 55 % des cas. Ce chiffre est alarmant. Il est en fait comparable aux taux observés dans certaines études menées dans les années 1970, qui ont d'ailleurs motivé l'élaboration de critères diagnostiques standardisés", a souligné la Pre Julie Nordgaard, dans un article publié sur le site de l'université de Copenhague.
Et d'ajouter : "Il ne s'agit pas d'un manque de professionnalisme de la part des psychiatres. Cela reflète plutôt le fait que, malgré l'existence de systèmes de diagnostic, les cliniciens continuent d'interpréter les symptômes et de déterminer les éléments qu'ils jugent les plus importants. Nous avons besoin d'un consensus plus large, faute de quoi les patients risquent de voir leurs diagnostics et leurs traitements modifiés."
L'article de l'université de Copenhague précise, en outre, que, dans cette étude, "aucune différence significative n'a été constatée entre les cliniciens plus expérimentés et les moins expérimentés, ce qui suggère que les désaccords ne peuvent pas s'expliquer par des variations dans l'expérience professionnelle".
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