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@Olivier-Tuffé/Stock.adobe.com

Explosion d'appels, services sans clim… Une enquête revient sur l'été infernal des urgentistes

Le syndicat Samu-Urgences de France a mené l'enquête auprès des structures de médecine d'urgence pour "documenter, au plus près du terrain, la réalité vécue" par les équipes et les patients.

17/09/2026 Par Aveline Marques
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Les urgences ont "absorbé le choc" des canicules de l'été 2026, "mais à quel prix?", interpelle Samu-Urgences de France, livrant ce jeudi 17 septembre les résultats de son enquête menée auprès des structures d'urgence.

Sur les 143 professionnels et responsables répondants, représentant 80 départements de métropole et d'outre-mer, 85% ont déclaré une hausse de l'activité et 87% ont rapporté davantage de recours pour des pathologies ou situations liées à la chaleur : malaise, déshydratation, décompensation chez des personnes âgées ou fragiles, hyperthermie…

Des renforts insuffisants à la régulation

Mais les fortes chaleurs ont surtout accru la pression sur l'amont et l'aval des urgences. 97% des structures ayant pu mesurer leur activité de régulation ont constaté une augmentation pendant les épisodes caniculaires, d'au moins 20% pour la moitié d'entre des Samu-SAS, et de 50% ou plus pour 11 d'entre eux. Les effectifs d'assistants de régulation médicale (ARM) étant jugés insuffisants par 78% des répondants, les structures ont eu recours massivement aux heures supplémentaires, avec des professionnels revenus sur leurs périodes de repos et "parfois même pendant leurs congés". 

Les renforts à la régulation médicale ont été également insuffisants. 85.6% des répondants indiquent que les médecins régulateurs AMU n'ont pas pu être renforcés, ou seulement partiellement. La régulation des soins non programmés a aussi été "sous tension", avec 31 structures signalant des absences ponctuelles de médecins libéraux et 18 des "absences fréquentes" ; 20 structures estiment toutefois que les effectifs étaient en adéquation avec les besoins et 23 structures indiquent qu'ils ont été renforcés.

"Décès sur brancard"

Quant à l'aval, plus que jamais il a constitué "un vrai goulot d'étranglement", décrit Samu-Urgences de France. Et ce, malgré les mesures mises en place (ouverture de lits, hébergement de patients dans d'autres services, déclenchement de plans "hôpital en tension", réunions de crise quotidiennes…). 43% des services déclarent au moins 20 patients-brancards* présents chaque jour, pour une durée maximale médiane de 48 heures. Dans 32 structures, les patients ont pu rester dans l'attente 3 jours, voire plus. 

Et dans 26 structures, au moins un "décès sur brancard" a été signalé. Si le lien de causalité n'est pas établi, la littérature scientifique montre que "plus on attend sur un brancard, plus la mortalité augmente et notamment pour les patients âgés et ou vulnérables", rappelle le syndicat.

L'enquête démontre ainsi que les "chaleurs extrêmes agissent comme un accélérateur et déstabilisent durablement un système déjà fragile", pointe Samu-Urgences de France.

*Un patient qui reste installé sur un brancard au moins une nuit après la fin de sa prise en charge aux urgences, par manque de lit d'hospitalisation en aval.

Jusqu'à 38 degrés relevés dans les services :

Un peu plus de la moitié des répondants (51.4%) à l'enquête de Samu-Urgences de France  déclarent une climatisation absente ou seulement partielle dans le service, avec des températures relevées à 32 degrés, voire jusqu'à 38 degrés dans les cas les plus extrêmes. Pour les patients, ces conditions thermiques "constituent un véritable facteur d'aggravation", déplore le syndicat. Pour les soignants, elles s'ajoutent aux difficultés liées à la hausse de l'activité, et accroissent leur épuisement. Les chambres de garde, bureaux, postes de régulation et espaces de repos étaient des lieux "particulièrement difficiles à supporter", rapporte-t-il.

Les oraux ont-ils leur place dans les examens de médecine ?

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