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Variole du singe : l’OMS recommande de réduire le nombre de partenaires sexuels

Quelques jours après avoir déclenché l’urgence de santé publique, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a conseillé ce mercredi 27 juillet aux personnes les plus à risque (les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) de réduire le nombre de leurs partenaires sexuels.

 

 

"Plus de 18.000 cas de variole du singe" ont été confirmés dans le monde depuis début mai en-dehors des zones endémiques en Afrique, a indiqué le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, mercredi 27 juillet, lors d’une conférence de presse à Genève dédiée à l’évolution de l’épidémie. Ces cas ont été rapportés par 78 pays : 70% des cas signalés à l’OMS provenaient d’Europe, 25% des Amériques. Parmi ces cas, 10% ont été hospitalisés, et 5 personnes sont décédées.

"Cette épidémie peut être stoppée si les pays et les populations prennent les risques au sérieux et mettent en place les mesures nécessaires pour stopper la transmission et protéger les groupes les plus vulnérables", a assuré le Dr Tedros. "Le meilleur moyen de se protéger est de réduire le risque d’exposition. Cela signifie faire des choix sûrs pour soi-même et pour les autres", a-t-il poursuivi lors du point presse, retransmis sur son compte Twitter.

"Pour les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, cela veut dire pour l’heure réduire le nombre de vos partenaires sexuels, reconsidérer les relations sexuelles avec de nouveaux partenaires, mais aussi échanger des informations avec tout nouveau partenaire afin de le recontacter si besoin."

"Ce message de réduction du nombre de partenaires vient des communautés elles-mêmes", a ajouté Andy Seale (OMS), chargé de transmettre le message à la population la plus à risque. Ce dernier a reconnu que cette recommandation ne pouvait être efficace sur une longue durée, et insisté sur l’importance de communiquer des informations précises sur les symptômes, les tests et permettre un accès facile à un médecin en cas de doute pour s'isoler au plus vite.

Tedros Adhanom Ghebreyesus a cependant alerté sur le risque de stigmatisation et de discrimination envers les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, "qui peut être aussi dangereux que n’importe quel virus" et risque de nourrir l’épidémie. Ce dernier a ainsi appelé les pays à "sauvegarder les droits humains et la dignité".

"Si 98% des cas sont des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, toutes les personnes en contact peuvent contracter la variole du singe", a précisé le DG de l’OMS, qui a déclenché samedi dernier son plus haut niveau d’alerte. Ce dernier a ainsi appelé les pays à prendre des mesures immédiates pour protéger les "autres groupes vulnérables, dont les enfants, les femmes enceintes, et les immunodéprimés".

En effet, au-delà des contacts sexuels, la variole du singe peut être transmise au contact direct de la peau (baisers, câlins…), mais aussi via des serviettes ou draps contaminés, a précisé le Dr Tedros.

L’OMS a ainsi recommandé la vaccination aux personnes exposées à la maladie et à celles à haut risque d’exposition, "y compris les professionnels de santé" et "les personnes aux multiples partenaires sexuels". "A ce jour, nous ne recommandons pas la vaccination de masse contre Monkeypox", a néanmoins ajouté le directeur général de l’institution.

Ce dernier a précisé que "la vaccination ne protège pas instantanément contre l’infection ou la maladie. Cela peut prendre plusieurs semaines". Ainsi, il a recommandé aux personnes vaccinées de continuer à prendre leurs précautions, en limitant les contacts, notamment sexuels. A ce jour, la vaccination se fait en deux doses (espacées de 28j). Une seule suffit pour les personnes déjà vaccinées dans leur enfance. Trois sont toutefois conseillées pour les immunodéprimés.

Le directeur général a par ailleurs souligné que la disponibilité des doses du vaccin du labo danois Bavarian Nordic n’était pas immédiate. Par ailleurs, la plupart des 16 millions de doses sont en "vrac". "Il faudra plusieurs mois" pour qu’elles soient disponibles dans des fioles prêtes à emploi. L’OMS appelle ainsi les pays qui ont suffisamment de doses de vaccin contre la variole du singe en stock à "partager" avec ceux qui n’en n’ont pas, afin de "garantir un équitable accès" à la vaccination dans le monde.

[avec AFP]

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