Télémédecine : les mesures d’assouplissements pour les médecins pas toutes conservées après la crise, selon Revel

17/04/2020 Par Louise Claereboudt
E-santé
Face à l’épidémie de Covid-19 qui touche depuis plusieurs mois la France, l’Assurance maladie a mis en place plusieurs mesures pour assouplir les règles de téléconsultations médicales, mais aussi faire apparaître de nouveaux actes de télésoin.
 

Pour faire face à cette crise sanitaire, trois “ajustements” ont été opérés par la Cnam concernant les téléconsultations médicales. “Nous avons d’abord rendu possible le recours à un médecin en dehors de la notion de parcours, de la notion d’organisation territoriale qui était au cœur de l’avenant conventionnel que nous avions construit”, a expliqué, mercredi 15 avril, le directeur général de la Caisse national d’Assurance maladie, Nicolas Revel, lors d’une audition par la commission des Affaires sociales. Si aujourd’hui, cette simplification permet aux médecins, notamment aux généralistes, de maintenir une activité, Nicolas Revel affirme qu’elle avait initialement été pensé pour faire face à une médecine de ville “débordée” par le Covid-19, et ainsi rendre possible un accès aux soins “simplifié”. Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé, ce lundi, un déconfinement progressif à partir du 11 mai, Nicolas Revel s’est exprimé sur l’après Covid-19, en particulier sur les usages de la télémédecine. Concernant cette possibilité de faire appel à un médecin autre que son médecin traitant, Nicolas Revel n’envisage pas de maintenir une telle mesure après la crise. “Ce qui est nécessaire dans la crise du Covid-19, n’est pas vrai au-delà”, a estimé le directeur général de la Cnam.

  “La France est le pays le plus en avance” D’après la Cnam, 85% des un million de téléconsultations faites la première semaine d’avril ont été réalisées entre “un patient et un médecin qui connaissait ce patient”. “Cela signifie bien que ce développement très fort de la téléconsultation depuis le début de la crise Covid s’est fait dans les règles que nous avions posé dans le cadre de l’avenant 6”, a constaté Nicolas Revel, se réjouissant d’atteindre l’objectif fixé de développer la télémédecine en France. Selon lui, plus de 30.000 généralistes pratiquent...

régulièrement la téléconsultation. “J’espère que la téléconsultation restera fortement utilisée après” la crise sanitaire, a confié le directeur général de la Cnam, assurant que la France était “le pays le plus en avance” au monde sur cette pratique. La prise en charge à 100% par l’Assurance maladie a également permis, depuis le 18 mars, d’accroître ces actes pendant l’épidémie et de faciliter la facturation. “Nous l’avons fait en pensant à des patients et des médecins qui téléconsulteraient pour la première fois”, a indiqué le directeur de la Cnam. Cette mesure, comme la précédente, ne sera, selon Nicolas Revel, pas non plus pérennisée au long court. Enfin, la Cnam a ouvert, plus récemment, les téléconsultations par téléphone pour contourner les problématiques liées à l’équipement que peuvent rencontrer les personnes âgées notamment. “Mettre un signe égal, durablement, entre une consultation présentielle, une consultation avec de la visio et un simple appel téléphonique, ne me paraît pas évident”, a noté Nicolas Revel. D’autres réflexions seront menées pour envisager la suite.

Orthophonistes, sages-femmes, masseurs-kinésithérapeutes, ont été, ou vont bientôt l’être, autorisés à pratiquer des actes de télésoin. “Les choses sont posées dans un cadre réglementaire pour la durée de l’épidémie, mais il me paraît évident que ce sont des réflexions qui auront vocations à s’inscrire dans un cadre pérenne, même s’il faudra passer chaque fois par une évaluation au préalable de la HAS”, a conclu Nicolas Revel.    

 
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