prise de sang

Forfait innovation : une première technologie remboursée par l’Assurance maladie

Le 15 février dernier, l’Assurance maladie a annoncé la prise en charge de la première technologie issue du forfait innovation. Il s’agit du test METAglut1 qui permet de dépister une encéphalopathie par déficit de transporteur en glucose de type 1, autrement appelée "maladie de Vivo". Si en France un peu moins d’une centaine de patients auraient reçu ce diagnostic, en réalité plusieurs centaines de personnes seraient touchées par la maladie. L’un des avantages de cette innovation est qu’elle peut se faire à l’aide d’une prise de sang et peut donc, dans certains cas, se substituer au test utilisé jusqu’ici, la glycorachie, une méthode plus "invasive".

27/03/2024 Par Mathilde Gendron
Maladies rares
prise de sang

Il a fallu un peu plus de sept ans au test METAglut1 pour passer d’innovation à technologie officiellement prise en charge par l’Assurance maladie. Le test, créé par le laboratoire Metafora Biosystems, permet de dépister un déficit en transporteur du glucose 1, une maladie rare également appelée "maladie de Vivo". "Lorsqu’elle survient, elle génère principalement des crises d’épilepsie réfractaires", indique Cédric Carbonneil, chef du service d’évaluation des actes à la Haute Autorité de santé (HAS).

 

Une "problématique d’errance diagnostique"

Cette maladie métabolique et génétique apparaît généralement pendant l’enfance. Avant l’apparition du test METAglut1, pour pouvoir être diagnostiqué, il fallait procéder à une glycorachie, un acte invasif qui nécessite une ponction lombaire. "Beaucoup de parents sont un peu réticents", reconnaît Cédric Carbonneil, ce qui entraîne une "problématique d’errance diagnostique". Par prise de sang, METAglut1 propose de "mesurer l’expression des récepteurs à la surface des globules rouges du patient. En fonction de la quantité exprimée, il permet de poser le diagnostic qui pourra ensuite être confirmé par un test génétique", poursuit-il.

En novembre 2017, Metafora Biosystems envoie une demande d’adhésion au forfait innovation à la HAS, concernant le test METAglut1. Dans ce cadre, l’instance a quinze jours pour vérifier le dossier, puis 75 jours pour évaluer les critères d’innovation et le protocole proposé. Selon les résultats, la HAS émet un avis uniquement sur la partie "médicale" de l’innovation. Ensuite, c’est le ministère de la Santé et plus particulièrement la Direction générale de l’offre de soin (DGOS) qui doit analyser les aspects "budgétaires et juridiques", en 75 jours également. En mars 2018, un arrêté paru au Journal officiel officialise l’entrée du projet dans le cadre du forfait innovation, après un avis favorable des deux instances. 

 

6% d’écart avec le test par glycorachie

Le laboratoire peut alors procéder à l’expérimentation de son innovation. Lorsqu’elle est terminée, le dossier est ensuite renvoyé à la HAS pour, cette fois-ci, évaluer les résultats et la pertinence du test METAglut1. "On a démarré l’évaluation à l’été 2022 et on l’a réalisée pendant six mois avec consultation d’experts et sollicitation des parties prenantes", précise Cédric Carbonneil. Les performances diagnostiques se sont révélées "satisfaisantes", avec seulement "6% d’écart" par rapport à la glycorachie. Le 30 mars 2023, la HAS émet un avis favorable sur une demande de remboursement par l’Assurance maladie. Cette dernière est validée le 15 février dernier, permettant au test METAglut1 de devenir la première technologie remboursée dans le cadre du forfait innovation.

Créé en 2009 et rendu opérationnel en 2015, ce forfait permet à une innovation -tests de diagnostic, actes chirurgicaux, dispositifs médicaux…-, de pouvoir être expérimentée par les patients pendant toute la phase de test, soit de l’essai clinique jusqu’à la phase de tarification. "Lors d’une recherche clinique standard, seuls les patients qui sont inclus dans l’étude vont avoir accès au traitement. Les autres doivent attendre la fin de la phase de remboursement de droit au commun pour y avoir droit", explique Cédric Carbonneil. Avec le forfait innovation, les patients qui ne font pas partie de l’essai clinique peuvent aussi bénéficier de l’expérimentation.

 

"Un mécanisme encore mal connu"

"L’avantage du forfait innovation c’est que ça permet à la HAS d’évaluer plus vite, puisqu’on a déjà vu le protocole au préalable. On connaît déjà la pathologie, les stratégies de prise en charge…", relève Cédric Carbonneil, qui déplore en revanche "un mécanisme encore mal connu des demandeurs". Depuis 2015, la HAS n’a reçu qu’une "cinquantaine de demandes" d’adhésion au forfait innovation.

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

5 débatteurs en ligne5 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2