dépassements d'honoraires

Accusées par les médecins de se "désengager" du remboursement des dépassements d'honoraires, les mutuelles répondent

"Nous participons largement à la solvabilisation des dépassements d'honoraires pour réduire les restes à charge", s'est défendue la Mutualité française ce mercredi 14 janvier, à l'occasion de ses vœux à la presse. La fédération des mutuelles a par ailleurs proposé un "rebasage" des tarifs, une piste jugée "nécessaire" pour "mieux correspondre à la réalité des coûts d'exercice", a soutenu son président, Éric Chenut.  

14/01/2026 Par Louise Claereboudt
Spécialistes
dépassements d'honoraires

Lors de leur "exil" à Bruxelles, les syndicats de chirurgiens, anesthésistes et gynécologues-obstétriciens ont ouvertement mis en cause les mutuelles, accusées de se "désengager" du remboursement des dépassements d'honoraires. Des dépassements qui, compte tenu de leur nette augmentation depuis 2019, font l'objet de tentatives de surtaxe, de plafonnement voire de suppression de la part des parlementaires. Si ces mesures ne figurent pas dans la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 adoptée en décembre, les médecins libéraux redoutent qu'elles soient de nouveau portées au Parlement via d'autres vecteurs législatifs.

À l'occasion des vœux de la Mutualité française, ce mercredi, son président, Éric Chenut, a répondu à ces accusations de désengagement. "Depuis de nombreuses années, nous participons largement à la solvabilisation, via l'Optam d'une part, mais aussi via les dépassements d'honoraires dans le cadre du secteur 2, pour réduire les restes à charge et faciliter l'accès aux soins de tous", a-t-il affirmé devant une dizaine de journalistes. Il a néanmoins appelé à un "nécessaire rebasage" des rémunérations des professionnels de santé. Une proposition que la Mutualité française avait déjà formulée en 2022 dans le cadre de l'élection présidentielle, "voyant déjà poindre l'augmentation dynamique des dépassements d'honoraires".

"Il y a aujourd'hui un certain nombre de tarifs [d'actes ou de consultations] qui ne reflètent pas la réalité des coûts d'exercice"

"Il y a aujourd'hui un certain nombre de tarifs [d'actes ou de consultations] qui ne reflètent pas la réalité des coûts d'exercice", a reconnu son président. Si les tarifs de base de la Sécurité sociale "évoluent pour mieux correspondre à la réalité des coûts d'exercice, probablement que la tension sur les dépassements d'honoraires ne sera plus la même", a poursuivi Éric Chenut.

Ce "rebasage" que la Mutualité appelle de ses vœux doit s'appliquer aux médecins, mais aussi aux paramédicaux, selon la fédération d'entreprises mutualistes. "Nous portons à la Mutualité l'idée d'aller vers des équipes de soins traitantes. Or, si on demande davantage de responsabilités aux paramédicaux, ça veut dire qu'il faut aussi les rémunérer. Et si on demande aux médecins de se concentrer là où leur plus-value, leur expertise, est plus forte, sur des cas plus complexes ou des situations qui vont leur demander plus de temps, il faut aussi accepter de payer davantage."

Le président de la Mutualité française a évoqué l'idée de "réfléchir à l'évolution des modes de rémunération". "Mais ça suppose aussi, et avant tout, de se redonner des marges de manœuvre pour l'Assurance maladie comme pour les complémentaires [santé]", a-t-il précisé. Comment ? En évitant "les soins redondants, les soins inefficaces, pas faits au bon moment". Objectif : "Gagner en pertinence dans les prescriptions pour se redonner ces moyens pour investir dans notre système."

"Si on veut être en situation de répondre aux besoins de la population, [à son] vieillissement et à l'explosion des pathologies chroniques, il faut absolument qu'on travaille avec les professionnels de santé, avec les pouvoirs publics, à cette nécessaire adaptation", a soutenu Éric Chenut.

Le président de la Mutualité a, en revanche, refusé de se prononcer sur l'utilité de la grève des médecins libéraux. "Je n'ai pas à porter de jugement là-dessus", a-t-il dit. "Cette tension aujourd'hui atteste que la manière dont [la France] fonctionne dans le pilotage des grandes évolutions du système de santé et de son financement ne fonctionne pas", a-t-il toutefois commenté, appelant à "un changement de méthode". Ce que les syndicats médicaux soutiennent également : "Sur ce qui relève de l'intérêt général, on est capables de se rejoindre", a estimé Éric Chenut. La Mutualité française défend notamment la mise en place d'une loi pluriannuelle de programmation en santé.  

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4 débatteurs en ligne4 en ligne
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Débatteur Passionné
il y a 1 heure
Les négociations conventionnelles sont déjà sur une base pluriannuelle. Après si c'est pour négocier les tarifs des mutuelles sur une base pluriannuelle et éviter les évolutions de tarifs chaque années comme c'est le cas des professionnels de santés, rien ne vous l'interdit.
 
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