Face à la pénurie, les Cévennes misent sur les médecins cubains
Pour faire face à la pénurie de soignants, élus et acteurs de santé du bassin d’Alès souhaitent faire venir des médecins de Cuba. Pour y parvenir, une convention de coopération doit être conclue entre les deux pays.
Le bassin d’Alès, dans le Gard, n’échappe pas à la désertification médicale. "On compte un médecin pour 2 400 habitants sur l’agglomération d’Alès", confirme Jean-Michel Suau, président du Comité de défense de l’hôpital et de la santé dans le bassin cévenol, dans un article publié par nos confrères de France 3. En sachant que 25% des médecins du secteur ont plus de 65 ans et pourraient donc rapidement partir à la retraite.
Face à cette situation préoccupante, le comité de défense et de promotion de l’hôpital et de la santé en Cévennes, ainsi qu’une quarantaine d’élus locaux, pourraient avoir trouvé une solution. Et celle-ci viendrait de l’autre côté de l’Atlantique puisque la piste de faire venir des médecins de Cuba a été activée.
Du côté cubain, l’idée est accueillie favorablement. "On est tout à fait disponibles pour répondre aux besoins. On peut évaluer nos disponibilités et formuler une proposition avec des personnes bien formées, capables de maîtriser la langue française et d’être à la hauteur de la demande formulée ici, en France", avance Justo Rodriguez Premier secrétaire de l’ambassade de Cuba en France.
Médecins généralistes et spécialistes
Ce renfort, se ferait sous deux formes autour d'Alès, précise l'Agence de presse médicale : des médecins généralistes, encadrés par le centre hospitalier mais qui exerceront une activité libérale hors de l'hôpital ; ainsi que des médecins spécialistes et des paramédicaux qui viendraient gonfler les effectifs de l'établissement alésien.
Contacté par l'APM, le CH d'Alès évoque un modèle de "Padhue libéraux" qui reste toutefois à construire. La direction du CH souhaite pouvoir recevoir ces médecins pendant "au moins trois ans". En échange, l'hôpital sera chargé de les encadrer, d'assurer leur coordination sur le territoire mais aussi de les former.
L'hôpital a demandé en retour que ces médecins aient les rudiments de la langue française et que les communes participent, en prenant en charge le logement des soignants cubains. La direction vise le recrutement d'une "quarantaine" de médecins cubains. "Mais ils ne vont pas tous être reçus d'un coup. Ça sera d'abord quatre, puis peut-être huit ou dix, ça va prendre plusieurs années", a soutenu le directeur.
Pour concrétiser ce projet, l’Hexagone et Cuba doivent signer une convention de coopération internationale. "Nous travaillons dessus avec le président de la République, avec le ministère de la Santé, avec le ministère des Affaires étrangères. Nous avançons et j’espère que, dans les mois qui viennent, cette convention pourra être actée", estime André Chassaigne, ancien député, chargé de mission aux Caraïbes et à Cuba.
Une rencontre est prévue le 11 mars 2026 au ministère des Affaires étrangères afin d’avancer sur une convention de partenariat avec Cuba.
[Avec France 3 et APM]
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