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Les revenus des médecins libéraux progressent… surtout chez les spécialistes

ophtalmologues, gynécologues, psychiatres et radiothérapeutes. Dans chacune de ces spécialités, "les 10% de médecins les mieux rémunérés gagnent environ 6 fois plus que les 10% de médecins les moins bien rémunérés", indique la Drees. A contrario, les revenus sont plutôt "homogènes" en anesthésie-réanimation, en gastro-entérologie, en imagerie médicale, en pneumologie, en cardiologie et en oncologie.

"Les spécialités qui sont plutôt en bas de l'échelle sont des spécialités qui sont essentiellement sans actes techniques", constate le Dr Gasser. "Historiquement, on s'est focalisé sur la technique." Il suggère désormais de "valoriser l'acte intellectuel" (en payant 100 ou 150 euros pour certaines consultations, comme celle du pédiatre par exemple) pour "équilibrer le tout".

Parmi les généralistes, les 10% les mieux rémunérés gagnaient en 2017 au moins 3,8 fois plus que les 10% les moins bien rémunérés. Le Dr Battistoni a souhaité tempérer ces données : "Comme dans toutes courbes de Gauss, vous avez ceux qui gagnent beaucoup et ceux qui gagnent peu. Il y a des médecins qui sont plus productifs que d’autres, d’autres qui ont aussi une activité plus centrée sur des actes courts voire très courts, d’autres qui prennent plus de temps et prennent en charge des patients complexes. Il faut équilibrer les choses." Ce dernier a indiqué qu’il ne fallait pas pénaliser les praticiens qui prennent en charge des patients qui les mobilisent sur la durée.

 

Le secteur 2 : jackpot pour les spécialistes mais pas pour les MG

L’étude ajoute que le niveau de revenu d’activité varie selon le secteur de conventionnement. En secteur 2 – où 45% des médecins spécialistes exerçaient en 2017 –, il est en moyenne de 13% plus élevé que celui des spécialistes du secteur à tarif opposable : 160.000 en moyenne, contre 144.000 pour le secteur 1. L’écart est surtout marqué en ophtalmologie, ainsi qu’en anesthésie-réanimation, gynécologie ou encore chirurgie, mais "dans une moindre mesure", précise la Drees. Le secteur 2 apparaît moins "rentable" en pneumologie, oncologie médicale, en médecine nucléaire… ainsi qu’en médecine générale.

"Les généralistes de secteur 2 pratiquent moins d’actes que leurs confrères du secteur 1, sans que leurs tarifs plus élevés ne viennent compenser cette moindre activité", avancent les auteurs de l’étude. Le Dr Jacques Battistoni ajoute que les généralistes en secteur 2 sont "souvent des personnes qui ont des activités particulières". "Ce ne sont véritablement des médecins généralistes/médecins traitants."

La hausse des revenus entre 2014 et 2017 a par ailleurs été différente pour les médecins selon le secteur de conventionnement. Chez les spécialistes en secteur 2, les revenus ont progressé en moyenne de 1,9% par an en euros constants, contre +2,3% pour ceux qui appliquaient les tarifs opposables.

 

Quel impact de la crise sanitaire ?

D’après des données provisoires de la Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF), entre 2017 et 2019, le revenu libéral a continué de progresser (+1,3% en moyenne par an) : "il est quasi stable pour les omnipraticiens (+0,2%) et reste dynamique pour les spécialistes (+1,9%), avec des évolutions contrastées selon les années", note la Drees.

Les données de cette étude – menée entre 2014 et 2017 – sont néanmoins à prendre avec des pincettes. Les revenus des médecins libéraux ont en effet été largement impactés par l’épidémie de Covid-19, notamment ceux de 2020, année de l’apparition de l’épidémie sur notre sol et au cours de laquelle beaucoup de cabinets ont dû fermer. Le 15 février, la Carmf révélait par ailleurs que les médecins libéraux avaient perdu près de 6.000 euros en 2020. En effet, pour l'année 2020, les médecins libéraux ont déclaré un bénéfice non commercial (BNC) moyen de 86.974 euros, soit en baisse de 5.73% par rapport à 2019.

La baisse a été particulièrement importante pour les spécialistes qui ont pu subir des "déprogrammations", rappelle le Dr Gasser : ils ont déclaré en moyenne 104.622 euros (-7,99% de moins qu’en 2019). La baisse est de 3,36% pour les généralistes qui ont déclaré pour l’année 2020 un BNC moyen de 73.820 euros. Des moyennes qui comprennent pourtant les aides perçues au titre du dispositif d'indemnisation pour la perte d'activités (Dipa) mis en place par l’Assurance maladie durant le premier confinement pour permettre aux médecins libéraux à payer leurs charges fixes.

*"Les médecins exerçant en nom propre le déclarent à l’administration fiscale en tant que bénéfice non commercial (BNC)". Pour ceux exerçant en société soumise à l’impôt sur les sociétés, comme les sociétés d’exercice libéral (SEL), "le revenu libéral est déclaré en tant que rémunérations de gérance et dividendes versés par la société". À partir de ces éléments, la Drees recalcule un revenu libéral "homogène" pour tous les médecins, "quel que soit le cadre juridique dans lequel ils exercent", indique-t-elle dans son rapport. "Pour ce faire, une fraction des dividendes et des salaires de gérants déclarés à l’administration fiscale par le foyer fiscal auquel le médecin appartient est intégrée au revenu libéral".

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