Dette de sommeil : l’impact majeur des facteurs environnementaux
Les Français dorment de moins en moins, et leur sommeil est fortement influencé par les habitudes de vie et l’environnement. C’est ce qui ressort de la nouvelle enquête annuelle de l’Institut national du sommeil et de la vigilance dont les résultats sont publiés, comme chaque année, à l’occasion de la Journée du Sommeil qui se tiendra le 13 mars.
Cette année encore, les Français ont dormi 14 minutes de moins que l’an passé à savoir 6 h 50 en moyenne en semaine. C'est l'un des principaux enseignements de la nouvelle enquête annuelle de l’Institut national du sommeil et de la vigilance.
Ainsi, près de 4 Français sur 10 (38%) sont concernés par des troubles du sommeil au premier rang desquels l’insomnie. Une personne interrogée sur 4 dort moins de 6 heures par nuit et près d’une sur deux se réveille fatiguée ; et cette dette de sommeil accumulée en semaine n’est que partiellement compensée les jours de repos.
Deux points positifs cependant, les Français semblent commencer à prendre conscience de l’importance du sommeil sur la santé et le bien-être : 42 % estiment que “bien dormir” est le premier pilier de santé, devant “bien manger” (38 %) et “bien bouger” (20 %). Par ailleurs, "les Français ont intégré l’idée qu’un rythme régulier favorise le sommeil", souligne la Dre Isabelle Poirot, psychiatre, spécialiste des troubles du sommeil au CHU de Lille, et Présidente de l’INSV mais avec un revers de la médaille : "cette stabilité se fait parfois au détriment d’une récupération suffisante", poursuit-elle. Ainsi, 83% des Français se lèvent toujours ou souvent à la même heure.
Les résultats de l’enquête font par ailleurs ressortir l’importance des facteurs extérieurs comme la lumière, le bruit, les écrans... Ainsi, 71% des Français passent moins d’une heure par jour à l’extérieur en semaine ; 58 % dorment avec leur smartphone allumé dans leur chambre ; et 36 % se disent gênés par le bruit au cours de la nuit. On peut y ajouter les fortes chaleurs, de plus en plus fréquentes. Cela entraîne une hypersomnolence diurne, avec à la clé, un risque lors de la conduite. Les travailleurs de nuit sont particulièrement soumis à ces risques, mais aussi les populations vivant plutôt en appartement ou dans des environnements urbains, ainsi que celles présentant des maladies chroniques.
Ces éléments perturbent le sommeil mais aussi la santé mentale, les performances cognitives ou encore la santé cardiovasculaire, rappelle l’INSV. "Le sommeil est à la fois un symptôme et un facteur aggravant des problèmes de santé. C’est pourquoi il est indispensable d’adopter une approche globale du sommeil, qui dépasse la seule prise en charge individuelle", conclut le Pr Jean-Arthur Micoulaud-Franchi, Président du Conseil Scientifique de l’INSV.
L’Institut rappelle les 5 gestes simples à mettre en œuvre pour mieux dormir : s’exposer chaque matin à la lumière naturelle (au moins 1 heure), respecter le soir (éclairage chaud et tamisé), éteindre les écrans la nuit, maintenir une température de la chambre entre 18 et 20°C, et limiter les nuisances sonores (protections si nécessaire).
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