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Elle confie à son psychiatre qu'elle veut aider sa mère à mourir : une femme placée en garde à vue

Une femme de 63 ans a été interpellée le 21 février à Paris suite au signalement de son psychiatre, à qui elle avait avoué la veille avoir l'intention d'aider sa mère à mourir, rapporte Le Parisien.

10/03/2026 Par Aveline Marques
Déontologie Fin de vie
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Garder le secret médical ou le trahir pour sauver une vie ? C'est le dilemme éthique auquel un psychiatre de l'hôpital Cochin (AP-HP) a été confronté le 20 février dernier. En consultation, une patiente de 63 ans lui confie qu'elle projette d'aider sa mère à mourir. Elle se serait déjà procuré le produit létal, auprès d'une association qui milite pour la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie volontaire, relate Le Parisien.

Le médecin décide d'alerter la direction de l'hôpital, qui adresse un signalement au procureur de la République. Le 21 février, la sexagénaire est interpellée et placée en garde à vue. Une "poudre blanche cristalline" - en cours d'analyse, accompagnée d'un "mode d'emploi", a été retrouvée à son domicile. Sa mère, habitante des Yvelines, confirme avoir planifié son suicide avec sa fille. Agée de 85 ans, elle est déprimée depuis la mort de son mari, elle "perd un peu la tête comme beaucoup de personnes de cet âge" aux dires des policiers, et souffre de sa perte d'autonomie. Une enquête a été ouverte pour "association de malfaiteurs en vue de la commission d'un crime (empoisonnement ou assassinat)".

En dénonçant sa patiente, le psychiatre a-t-il manqué à son obligation déontologique ? "D'un point de vue légal, il n'avait pas vraiment le choix, il a l'obligation de dénoncer un crime qui va arriver", rappelle Anne-Sophie Moutier, juriste en droit de la santé interrogée par Libération. L'article 223-6 du code pénal précise en effet que "quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la personne s'abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende", rappelle l'Ordre des médecins. Le 4° de l’article 226-14 du même code autorise par ailleurs le médecin à informer "le préfet et, à Paris, le préfet de police du caractère dangereux pour elles-mêmes ou pour autrui des personnes qui les consultent et dont ils savent qu'elles détiennent une arme ou qu'elles ont manifesté leur intention d'en acquérir une".

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En tant que medecin traitant je suis fatiguee des demandes abusives et de la necessité de convaincre constamment, je suis fatigue... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
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François Pl
838 points
Débatteur Passionné
il y a 1 mois
On se trouve dans la même situation ... que celle, pas si lointaine, des avortements médicalement assistés avant leur "légalisation"... La légalisation de l'euthanasie est imminente... car la permettre relève du simple bon sens, de l'évidence, face aux personnes souhaitant partir dans de bonnes conditions, lorsque leurs souffrances (physiques et/ou morales) dépassent l'envie de vivre... Cette législation est d'autant plus nécessaire pour éviter les séquelles des suicides "ratés" (je parle ici des véritables suicides, et pas des suicides "appels au secours")... La Belgique l'a déjà effectuée, avec bon sens (en permettant des déclarations préalables), ce qui a d'ailleurs engendré un "tourisme" venant de France à caractère surréaliste... Dans ce cas bien précis, nous sommes dans un contexte d'empathie vis à vis d'un proche, pour répondre à un souhait de mourrir correspondant à un mal-être bien réel... où le "pour" et le "contre" ont eu le temps d'être mis sur la table. Il n'y a rien de machiavélique, pas de volonté de nuire, pas d'intérêts matériels inavouables : juste de l'amour, l'empathie, d'une fille pour sa mère qui souhaite partir dignement face à des souffrances qu'elle estime insupportables, en toute objectivité... Entre la lettre de la législation, qui refuse de prendre en considération, comme pour les avortements dans le passé, des détresses humaines bien réelles, quelle attitude faut-il avoir ???? De plus, si on opte pour la rigidité et le droit répressif strict, à ce moment il faudrait remplir les prisons, et/ou saturer les tribunaux, avec tous les soignants et les proches des personnes en fin de vie, qui ont bénéficié de soins à caractère palliatifs en Ephad, en hôpital ou à domicile, pour qui un entourage bienveillant, en accord avec les soignants, ont permis le surdosage de morphine et/ou le débranchement d'une assistance maintenant la vie, pour abréger des souffrances quand elles ne permettent plus de vivre avec dignité ! Pour réflexion bienveillante...
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JACQUES MARESCHAL
310 points
Médecine générale
il y a 1 mois
Que fait Falorni ? Trop occupé par les elections rochelaises ?
 
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