Elle confie à son psychiatre qu'elle veut aider sa mère à mourir : une femme placée en garde à vue
Une femme de 63 ans a été interpellée le 21 février à Paris suite au signalement de son psychiatre, à qui elle avait avoué la veille avoir l'intention d'aider sa mère à mourir, rapporte Le Parisien.
Garder le secret médical ou le trahir pour sauver une vie ? C'est le dilemme éthique auquel un psychiatre de l'hôpital Cochin (AP-HP) a été confronté le 20 février dernier. En consultation, une patiente de 63 ans lui confie qu'elle projette d'aider sa mère à mourir. Elle se serait déjà procuré le produit létal, auprès d'une association qui milite pour la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie volontaire, relate Le Parisien.
Le médecin décide d'alerter la direction de l'hôpital, qui adresse un signalement au procureur de la République. Le 21 février, la sexagénaire est interpellée et placée en garde à vue. Une "poudre blanche cristalline" - en cours d'analyse, accompagnée d'un "mode d'emploi", a été retrouvée à son domicile. Sa mère, habitante des Yvelines, confirme avoir planifié son suicide avec sa fille. Agée de 85 ans, elle est déprimée depuis la mort de son mari, elle "perd un peu la tête comme beaucoup de personnes de cet âge" aux dires des policiers, et souffre de sa perte d'autonomie. Une enquête a été ouverte pour "association de malfaiteurs en vue de la commission d'un crime (empoisonnement ou assassinat)".
En dénonçant sa patiente, le psychiatre a-t-il manqué à son obligation déontologique ? "D'un point de vue légal, il n'avait pas vraiment le choix, il a l'obligation de dénoncer un crime qui va arriver", rappelle Anne-Sophie Moutier, juriste en droit de la santé interrogée par Libération. L'article 223-6 du code pénal précise en effet que "quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la personne s'abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende", rappelle l'Ordre des médecins. Le 4° de l’article 226-14 du même code autorise par ailleurs le médecin à informer "le préfet et, à Paris, le préfet de police du caractère dangereux pour elles-mêmes ou pour autrui des personnes qui les consultent et dont ils savent qu'elles détiennent une arme ou qu'elles ont manifesté leur intention d'en acquérir une".
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