Augmentation des plaies du pied diabétique : des déficits dans la prise en charge préventive
L’incidence des plaies du pied chez le patient diabétique a fortement augmenté entre 2012e et 2022 en France, reflétant une insuffisance de la prévention et de la prise en charge de cette complication grave du diabète, qui est majorée chez les personnes les plus vulnérables sur le plan économique.
Selon une nouvelle étude publiée par Santé publique France dans le Bulletin épidémiologigue hebdomadaire (BEH) daté du 17 février, le taux d’hospitalisations pour plaies du pied chez un patient diabétique est passé de 692 à 1006 pour 100 000 hommes entre 2012 et 2022 en France ; et de 452 à 538 pour 100 000 femmes. Les amputations sont, elles, restées stables sur la période.
L’augmentation de l’âge des patients explique en partie cette hausse des plaies, du fait d’une augmentation de la neuropathie et de l’artériopathie liées à la maladie. "Mais, cela traduit le fait que les prises en charge sont défaillantes pour prévenir les plaies chez ces personnes à risque" commente la Pre Agnès Hartemann (hospitalier universitaire (CHU) Pitié-Salpêtrière, Sorbonne Université Santé, Paris), dans un éditorial publié dans le même BEH.
Et si les amputations sont stables, elles restent à un niveau supérieur à beaucoup d’autres pays européens (Belgique, Suède, Italie, Allemagne…), soulignant que "notre système de soins n’est donc pas organisé de manière assez efficace pour prévenir cette complication", juge la spécialiste.
Mesures préventives
En effet, les mesures préventives apparaissent insuffisamment appliquées. Ainsi, le test de la sensibilité des pieds n’est pas systématiquement effectuée (40% selon des données déclaratoires en 2019 chez les patients DT2 ; 67% chez les DT1). De même pour l’auto-examen des pieds, pratiqué par environ la moitié des patients, ainsi que la gradation du risque posologique. En outre, les soins de podologie (adressage à un podologue ou un podo-orthésiste, achat et port de semelles et/ou de chaussures adaptées) sont peu fréquents.
L’étude du BEH met, par ailleurs, en lumière d’importantes disparités géographiques et socio-économiques. Ainsi, des taux plus élevés d’amputations sont observés dans les régions ultramarines, en Bretagne et dans les Hauts-de-France. Et l’incidence des hospitalisations pour plaies du pied diabétique apparait 34% plus élevée chez les hommes - et même 40% chez les femmes - résidant dans les communes les plus défavorisées, une différence qui monte à 44% pour les amputations dans les 2 sexes.
"Il manque visiblement des professionnels de proximité accessibles pour les personnes en désavantage social. Il manque également des centres experts et/ou une bonne répartition, organisation et visibilité de ceux-ci dans ces régions", affirme la Pre Hartemann.
Elle conclut : "Des recommandations claires existent pour la prise en charge préventive des complications podologiques. Mais, il manque toujours en France une structuration du parcours de soins par un maillage territorial, avec des équipes pluridisciplinaires dont on connaît pourtant l’efficacité. Le coût en est terrible pour les patients, leurs proches, et in fine pour notre système de soins".
Références :
Santé publique France. Bulletin épidémiologique hebdomadaire (17 février)
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