Déserts : Eric Zemmour veut rétablir les "obligations de garde" des médecins libéraux

10/12/2021 Par Aveline Marques
Invité de l'émission politique Elysée 2022, jeudi soir sur France 2, le candidat à l'élection présidentielle a distillé quelques mesures de son programme santé, parmi lesquelles la suppression des ARS, l'embauche de 1000 médecins salariés par l'Etat dans les déserts et le rétablissement de l'obligation de permanence des soins ambulatoire (PDSa) pour les libéraux.
 

Des mesures "d'urgence" pour cette "France sans médecins" qu'il sillonne "depuis trois mois". C'est ce qu'a proposé le journaliste et écrivain Eric Zemmour, qui s'est récemment déclaré candidat à la présidence de la République, lors de l'émission politique Elysée 2022, sur France 2, jeudi 9 décembre. Fustigeant "le raisonnement de technocrate" qui a conduit par le passé à resserrer le numerus clausus pour diminuer le nombre d'actes médicaux, et affichant son intention de doubler le nombre d'admis en 2ème année de médecine, Eric Zemmour a formulé deux propositions effectives à court terme contre les déserts médicaux.   "On a méprisé les médecins libéraux" "Première chose : l'Etat embauche en urgence 1000 médecins et les envoie comme salariés dans les déserts médicaux, a-t-il avancé. J'ai vu que le département de Saône-et-Loire avait fait ça, ils ont embauché 70 médecins et ça a très bien fonctionné." Deuxième mesure : le rétablissement des "obligations de garde" pour les médecins libéraux. Cela permettrait, selon le candidat, d'"alléger ces services d'urgences qui sont surchargés". Pas question en revanche de rouvrir tous les services et établissements hospitaliers fermés ces dernières années. "Dans mon programme, il n'y a pas de plan de réouverture de 10 hôpitaux, mais un plan de réinvestissement hospitalier", a-t-il insisté. "Le problème du Covid, c'est que l'hôpital est débordé dès qu'il y a quelque chose d'extraordinaire. On a réduit excessivement les capacités hospitalières pour des raisons budgétaires", a souligné le candidat, jugeant dans le même temps que les pouvoirs publics avaient "trop misé sur l'hôpital". "On a méprisé les cliniques privées, on a méprisé les médecins libéraux."

"Le fond de l'affaire, c'est qu'on a technocratisé la gestion de la médecine, avec en particulier les ARS. Il faut supprimer les ARS, et je redonne le pouvoir aux médecins dans l'hôpital et au préfet", a-t-il encore déclaré. Le polémiste a enfin été interrogé sur la question des praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue). "Ces gens-là ont solutionné un problème important ; il manquait des médecins, heureusement qu'ils étaient là. Mais je pense qu'on n'aurait pas dû en avoir besoin", a-t-il lancé. Avec la diminution du numerus clausus, "nous avons empêché beaucoup de petits Français de devenir médecin pour aller chercher des médecins qui ne sont pas forcément meilleurs". Eric Zemmour a toutefois précisé qu'il n'était pas question de renvoyer les médecins étrangers de France. "Les étrangers en situation régulière qui travaillent ont tout à fait le droit de rester en France. Je ferai tout pour qu'on en ait de moins en moins besoin."

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