@Aveline Marques
Budget de la Sécu 2027 : "Nous refuserons que la médecine libérale redevienne une simple variable budgétaire"
Depuis La Baule, où se tiennent les 32e Universités de la CSMF jusqu'à samedi, le président du syndicat, le Dr Franck Devulder, a dénoncé un Ondam* de ville historiquement contraint, dont la progression est plus de 3 fois inférieure à celle de l'Ondam hospitalier.
@Aveline Marques
A sept mois de l'élection présidentielle, la venue de Stéphanie Rist était particulièrement attendue par les adhérents de la CSMF, réunis à La Baule (Loire-Atlantique) jusqu'à samedi. Mais c'est finalement à travers un écran que la ministre de la Santé, retenue à Paris pour un rendez-vous avec Emmanuel Macron au lendemain de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, s'est adressée à ses confrères libéraux. Au "cœur" de la nécessaire "transformation" du système de la santé, dont ils sont "des acteurs essentiels", la médecine libérale est "une force indispensable", a-t-elle salué, évoquant les enjeux de la formation, de l'installation, des "nouvelles formes d'exercice" et de la pertinence.
"Je forme le vœu que les partenaires conventionnels se saisissent davantage de cet enjeu dans les années à venir, a-t-elle lancé. Par la mobilisation collective, l'accompagnement et le dialogue, sans opposer les uns aux autres, chacun doit être responsable de sa pertinence. Parce que la pertinence d'aujourd'hui, ce sont les revalorisations de demain."
Les calculs de Matignon
Mais force est de constater, pour le président de la CSMF, que le PLFSS 2027 est "en totale contradiction avec ce discours soi-disant bienveillant que nos politiques en charge et que le Gouvernement veut nous servir", a-t-il fustigé. Le projet de loi dévoilé hier dans la soirée fixe l'Ondam de ville à 118,3 milliards d'euros, soit une augmentation d'à peine +0,8%*, "un point sous l'inflation annoncée", "c'est du jamais vu". Aux dires de Matignon, l'augmentation de l'enveloppe des soins de ville serait en réalité "tirée vers le bas" par les économies sur les arrêts maladie et les médicaments, a rapporté Franck Devulder. Les dépenses propres à la médecine de ville augmenteraient quant à elles de 4%...
L'État doit cesser de considérer la médecine libérale comme un problème à réguler
Reste que ce sous-Ondam soins de ville progresse "trois fois moins" que celui des hôpitaux, a déploré le président de la CSMF. "C'est un choix politique dont les premières victimes seront les Français." "Ça va être discuté, ce n'est que le début, mais franchement, le signal de l'attractivité n'y est pas", a-t-il déploré.
S'opposant à ceux qui "pensent encore que la réponse" aux difficultés du système de santé "passe par davantage de normes, davantage de contraintes, davantage de régulation", le président de la CSMF appelle au contraire à "redonner l'envie de s'installer, redonner l'envie d'entreprendre, l'envie d'investir". "Car investir dans les médecins libéraux, leur cabinet, leurs équipes, leurs outils, dans la prévention et la pertinence, c'est investir dans l'accès aux soins", affirme-t-il. "L'État doit changer son regard sur la médecine libérale, cesser de la considérer comme un problème à réguler pour enfin la considérer comme une solution à développer", a-t-il appelé. "Nous refuserons que la médecine libérale redevienne une simple variable d'ajustement budgétaire."
*Le dossier de presse diffusé dans la matinée jeudi 1er octobre comportait une erreur dans l'Ondam 2026 rectifié, aboutissant à un chiffrage de l'Ondam 2027 en hausse de 1%.
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