Agnès Buzyn contre la taxation des bonbons au goût alcool

29/11/2018 Par Fanny Napolier
Santé publique

Les députés ont suivi l'avis d'Agnès Buzyn et ont refusé de taxer les bonbons au goût alcool, comme le proposait un amendement du Sénat.

Il y a quelques jours, les sénateurs avaient voté un amendement au PLFSS introduisant une taxe sur les produits alimentaires faisant référence à l’alcool. Dans leur viseur, les bonbons goût mojito ou spritz qui ont fait polémique au cours de l'été. Mais le texte a été finalement rejeté par les députés ce mardi, suivant l'avis d'Agnès Buzyn qui s'est prononcée contre. Pourtant, lors des débats à l'Assemblée, la ministre s'y disait favorable. "L’amendement n’est pas passé car il aurait conduit à taxer davantage des produits qui font référence à l’alcool -comme de la glace "saveur rhum"- que l’alcool lui-même comme du rhum, précise le ministère. On n’abandonne pas l’idée, on va la retravailler peut-être dans le cadre d’une proposition de loi. On pourra même aller plus loin, jusqu’à l’interdiction de ces produits". De son côté, Bernard Jomier, sénateur et médecin à l’origine de cette proposition se dit très "déçu". D’autant que son deuxième amendement sur la taxation du vin aromatisé, adopté par le Sénat, a aussi été rejeté : rosé pamplemousse, griotte, mousseux à la framboise, blanc poire… Des saveurs fruitées, un packaging coloré, de quoi séduire les ados. "L’argument des députés est de dire qu’on risquait aussi de taxer le vin sucré comme le Sauternes ! C’est totalement de mauvaise foi, s’indigne Bernard Jomier. Il vise à décrédibiliser l’amendement. On voit là l’influence des alcooliers. C’est irresponsable de la part des députés et très triste." Le professeur Amine Benyamina, psychiatre et addictologue à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif, pointe du doigt les industriels : "Les députés ont voté sous l’influence direct des lobbys qui veillent au grain. En matière de santé publique, c’est un message déplorable. On touche le fond". [Avec Leparisien.fr]

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