Le Sénat réforme l’AME et réduit drastiquement son budget pour 2023

01/12/2022 Par Louise Claereboudt
Politique de santé
Contre l’avis du Gouvernement, la chambre haute du Parlement a voté en faveur d’une réforme de l’aide médicale d'Etat (AME) dans le cadre des débats sur la mission santé du projet de loi de finances (PLF). Les sénateurs ont souhaité la restreindre à la prise en charge des soins urgents.

  Ce n’est pas la première fois que la chambre haute du Parlement vote en faveur d’une réduction du panier de soins dont peuvent bénéficier les personnes en situation irrégulière. En 2021, le Sénat – à majorité de droite – plaidait déjà pour une réforme visant à transformer l’aide médicale d’Etat (AME) en une aide médicale d’urgence. Ce mardi, les sénateurs ont à nouveau tenté de resserrer le dispositif. Dans le cadre des débats sur la mission santé du projet de loi de finances (PLF) pour 2023, ils ont adopté par 211 voix pour et 131 contre un amendement du rapporteur LR Christian Klinger visant à remplacer l’AME par une "aide médicale de santé publique". Celle-ci serait limitée à la prise en charge des soins urgents, des maladies graves, aux soins liés à la maternité, à ceux destinés aux mineurs, ou encore à la prévention (vaccination). Selon le rapporteur, en effet, la France fait figure d’exception parmi ses voisins, qui disposent de mécanismes comparables à ce qu’il a proposé.

Dénonçant par ailleurs une augmentation "continue et non maîtrisée" du budget de l’AME – le Gouvernement a proposé dans le PLF une hausse de 133 millions d’euros pour atteindre 1,14 milliard d’euros (+12,4% par rapport à la précédente loi de finances) – le Sénat a également voté par 199 voix pour, 131 voix contre en faveur d’une réduction de 350 millions d’euros du budget 2023 destiné à ce dispositif. Une posture dénoncée par le sénateur socialiste – et médecin généraliste de profession – Bernard Jomier. "L’AME, ce n’est pas un outil de la politique migratoire, c’est un outil de santé publique", a-t-il déclaré.

Cette remise en cause du périmètre de soins couverts par l’AME ne devrait toutefois pas être appliquée, la ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, Agnès Firmin Le Bodo, ayant indiqué que le Gouvernement y était "fermement opposé". La Première ministre Elisabeth Borne devrait par ailleurs user une nouvelle fois du 49.3 sur ce texte budgétaire devant les députés. [avec Public Sénat]

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2