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Scandale du Centre du don des corps : procès requis pour deux préparateurs en anatomie et l'ancien président de l'Université Paris-Descartes
Le parquet de Paris a demandé un procès pour deux préparateurs en anatomie du Centre du don des corps et l'ancien président de l'université Paris-Descartes poursuivis pour atteintes à l'intégrité de cadavres de personnes ayant fait don de leur corps à la science. Un non-lieu a été requis pour l'ex-université Paris-Descartes.
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Le parquet de Paris a pris ses réquisitions dans le scandale du Centre du don des corps de l'université Paris-Descartes, suscitant la colère des parties civiles, qui dénoncent la responsabilité de l'établissement. En effet, un non-lieu a été requis "pour l'ex-université Paris-Descartes , absorbée depuis par l'établissement Paris Cité - et qui n'a donc plus d'existence comme personne morale", explique le ministère public, sollicité par l'AFP.
Baudouin Auffret, président de l'association "Charnier Paris-Descartes: Justice et Dignité pour les Donneurs" (CDJD) a fustigé cette "stratégie" de l'université de tenter de "sortir de sa mise en examen suite à un changement de nom". Si David Artur a accueilli "favorablement" le procès requis, ce fils de donneur, a qualifié ce non-lieu de "simulacre de justice". L'université "est toujours mise en examen", a relativisé Me Frédéric Douchez, avocat de plus de 100 parties civiles, qui attend la future décision du magistrat instructeur de renvoyer ou pas en procès.
Le parquet a, en revanche, demandé un procès pour deux préparateurs en anatomie du Centre et l'ancien président de l'Université Paris-Descartes poursuivis pour atteintes à l'intégrité de cadavres de personnes ayant fait don de leur corps à la science.
Me Najwa El Haïté, conseil de Jean-Rémy H., 51 ans, l'un des préparateurs poursuivis, évoque également un contexte de dysfonctionnements structurels de l'université, estimant "qu'aucune intention de profaner les corps ou de porter atteinte à leur
dignité" ne peut être imputée à son client. Le parquet a demandé un renvoi de ce préparateur en anatomie devant le tribunal, soupçonné notamment d'avoir, entre novembre 2013 et janvier 2018, récupéré "sur les corps des dents en or et des bijoux", leur avoir porté "des coups de couteau" et les avoir laissés "volontairement à la merci des rongeurs".
L'autre préparateur poursuivi, Maurice H., retraité, est accusé d'avoir conservé "des ossements humains", "dans des conditions indignes, dans un but privé" alors qu'il ne travaillait plus dans ce Centre depuis 2011, après plus de 35 ans de carrière.
Enfin, le parquet reproche à Frédéric Dardel, ancien président de Paris-Descartes, de ne pas avoir agi assez rapidement, entre novembre 2016 et juillet 2018, "malgré les alertes répétées, les photographies et les rapports écrits décrivant l'état de décomposition avancée de centaines de corps humains ou de parties de corps, leur entassement dans des conditions indignes, en présence de rongeurs".
Fin 2019, l'Express révélait des conditions déplorables de conservation des dépouilles et décrivait des soupçons de marchandisation des corps, dans ce qui était alors considéré comme le plus grand centre d'anatomie européen. Une enquête administrative avait conclu que l'université Paris-Descartes était responsable de "graves manquements éthiques".
[Avec AFP]
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