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Jusqu'à 115 000 euros de cadeaux : une vaste affaire de corruption de médecins jugée à Paris

Deux anciens dirigeants d'une société de matériel médical et une pneumologue ont comparu devant le tribunal de Paris pour avoir participé à un vaste système de corruption : en échange de cadeaux parfois coûteux, des médecins prescrivaient leurs appareils de respiration. 

17/02/2025 Par Aveline Marques
Faits divers / Justice
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Virée à Dubaï, match de foot à Madrid, frais de congrès fictifs, aide à l'installation du cabinet, champagne… C'est par hasard, en 2010, que cette vaste affaire de corruption de médecins a été mise au jour, relate Le Parisien. Après une attaque à la voiture-bélier visant un magasin médical à Auxerre (Yonne), les enquêteurs, soupçonnant un règlement de comptes, ont mis plusieurs personnes sur écoute. Ils découvrent alors les combines d'une société commercialisant du matériel de respiration : pour inciter des pneumologues à prescrire leurs appareils au frais de l'Assurance maladie, les commerciaux pouvaient se montrer fort généreux. 

 

"Un bon médecin rapporte 70 000 euros par an"

Au mépris de la loi anti-cadeaux, un médecin aurait ainsi gagné 2000 euros par mois, le plus gros contributeur aurait touché près de 115 000 euros au total. "Un bon médecin a 7 ou 8 patients chaque mois et rapporte 70 000 euros par an", explique ainsi un commercial à un collègue lors d'une conversation téléphonique mise sur écoute. 

"Ce sont les médecins qui provoquaient ça, il y avait une forme de chantage : soit vous me prenez en charge, soit je vais voir ailleurs. Et si je dénonçais les médecins, l’entreprise était morte", s'est défendu à la barre l’ancien directeur de la société, qui assure que le système a été mis en place par les commerciaux.

À l'été 2024, plusieurs commerciaux et six médecins ont déjà été condamnés à des amendes allant de 10 000 à 200 000 euros, avec interdiction d'exercer toute activité commerciale ou médicale pendant trois ans, avec sursis. L'Ordre des médecins s'est saisi de l'affaire.

L'ancien dirigeant comparaissait lui aux côtés de l'ancien directeur des affaires financières pour abus de bien social, fraude fiscale et blanchiment. Une médecin était également jugée ce jour-là : des déclarations d’entente préalable à son nom et présignées ont été saisies en perquisition et elle est accusée d'avoir fait financer son ordinateur et un séjour en Martinique par la société. Le jugement a été mis en délibéré au 5 mai.

[avec LeParisien.fr

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