@david-franklin / Stock.adobe.com
Il avait été filmé par une patiente : un médecin jugé pour plusieurs viols et agressions sexuelles
Médecin généraliste depuis 1994, le prévenu a été filmé par l’une de ses patientes qui l’accuse de l’avoir agressée sexuellement. Une enquête a permis de découvrir d’autres potentielles victimes.
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C’est une vidéo qui s’est transformée en preuve irréfutable. Le 31 octobre 2017, une patiente consulte son médecin généraliste, à Sarcelles (Val-d’Oise). Une consultation tardive, minuit passée, comme en a l’habitude le professionnel de santé. Se sentant menacée par des avances du médecin généraliste, indiquent nos confrères du Parisien, Soraya* décide de filmer la deuxième partie de la consultation. Les images montreront le docteur lui malaxer les seins avant de les lécher, lui dire "tu m’excites" tout en lui prodiguant des massages du dos pour la "détendre". Le médecin généraliste est placé en garde à vue. Une plainte pour agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction est déposée.
Une vaste enquête
Les policiers découvriront, par la suite, qu’une autre plainte déposée pour des faits similaires avait été classée sans suite en 2008. La police judiciaire est donc saisie. Après plusieurs mois d’investigation, l’enquêteur en charge du dossier parvient à trouver au moins 23 autres femmes qui déclarent "avoir été victimes d’actes à connotation sexuelle et parfois de pénétration" de la part du médecin généraliste âgé de 57 ans au moment de son interpellation.
Neuf ans plus tard, il comparaît devant la cour criminelle pour quatre faits de viols et quatorze faits d’agressions sexuelles (dont un sur un mineur de 15 ans) par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction. Selon l’enquêteur, la plupart des victimes présumées sont des patientes "vivant dans une grande précarité et fragilité psychologique". Certaines sont sans papiers, sans domicile ou analphabètes.
"S’il n’y a pas de réaction, il va plus loin"
"On est face à un processus graduel qui vise la vulnérabilité de ces patientes, continue le professionnel. Il crée un contexte d’emprise en fermant à clé la porte de son cabinet, en s’isolant à des horaires tardifs. Il commence par de petites transgressions comme une caresse sur l’épaule et s’il n’y a pas de réaction, il va plus loin", rapporte l’enquêteur, cité par Le Parisien.
De son côté, le médecin généraliste avait reconnu en garde à vue avoir eu des actes sexuels "consentis" avec Soraya qu’il accusait d’ailleurs de l’avoir "chauffé", il niait sa responsabilité pour tous les autres faits. La décision sera rendue vendredi 27 mars. Le médecin généraliste risque entre 7 et 20 ans de prison.
[Avec Le Parisien]
*Prénom modifié par Le Parisien
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