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Ville-hôpital : en Auvergne-Rhône-Alpes, une convention inédite pour passer du curatif au préventif

La région Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) est la première à se doter d’une convention d’initiative populationnelle. Portée par l’URPS médecins libéraux et la fédération hospitalière régionale, elle vise à mettre en lien les différents acteurs de la santé pour mieux prévenir les maladies.

21/10/2026 Par Raphaëlle Vivent
Santé publique
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"Face aux maladies, aucun acteur de la santé ne peut agir seul", a lancé en préambule la Dre Sylvie Filley-Bernard. La présidente de l’URPS médecins libéraux de la réfgion Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) a signé, le 14 octobre, une convention de partenariat pour le déploiement de l’initiative populationnelle (Inpop) avec le Dr Yannick Neuder, président de la Fédération hospitalière de France Auvergne-Rhône-Alpes (FHF Aura). C’est la première fois que ce dispositif est développé à l’échelle régionale, après la signature d’une convention nationale le 21 mai dernier et une expérimentation menée depuis 2018 dans cinq territoires (l’Aube et le Sézannais, la Cornouaille, les Deux-Sèvres, le Douaisis et la Haute-Saône).

Pour l’ancien ministre de la santé Yannick Neuder, l’objectif est de passer d’un système de santé curatif à un système préventif : "La meilleure façon de prévenir une maladie, c’est qu’elle ne se développe pas. On a l’exemple du cancer du sein : le dépistage précoce permet une guérison dans 90 % des cas." Cette convention s’appuie sur la démarche de responsabilité populationnelle (Respop), portée et déployée depuis près de dix ans en France par la FHF.

Entrée dans le code de santé publique en 2019, cette démarche consiste à identifier les besoins de santé d’un territoire, en déterminant les pathologies les plus fréquentes selon les populations. Les acteurs de santé - professionnels de ville, établissements de santé, secteur médico-social, représentants d’usagers ou encore partenaires institutionnels - s’unissent ensuite pour faire émerger des solutions.

 

Des acteurs régionaux associés au projet

Un aspect pluridisciplinaire qui séduit les médecins généralistes de la région. "Souvent, on arrive après la bataille : les patients viennent nous voir quand ils sont déjà malades", regrette la Dre Moktaria Ali Kada, qui exerce à Vaulx-en-Velin (Rhône). "Il faut donc que tous les acteurs, médecins, infirmiers ou pharmaciens par exemple, travaillent ensemble pour repérer les facteurs de risque d’une maladie et orienter au plus tôt les patients vers des professionnels identifiés. Pour cela, il faut se connaître, et c’est souvent le plus difficile."

Pour répondre à cet enjeu, plusieurs acteurs régionaux se sont déjà associés à la démarche, dont cinq établissements hospitaliers et des unions de professionnels, comme les URPS infirmiers et pharmaciens ou l’équipe de soins spécialisés (ESS) néphrologie. Accompagnées par la FHF Aura, ces structures seront amenées à échanger et à collaborer pour mener des projets concrets, en fonction des besoins spécifiques de chaque territoire.

 

Prévention et dépistage

Si elle démarre tout juste dans la région, l’initiative populationnelle a fait ses preuves dans les cinq territoires pilotes. Plus de 55 000 personnes y ont bénéficié d’actions de dépistage ou de prévention ciblées pour le diabète et l’insuffisance cardiaque, et près de 8 500 patients ont été suivis dans des parcours coordonnés. "Grâce à tout cela, les hospitalisations des patients diabétiques suivis dans ce cadre ont diminué de 33 % dans les territoires pionniers", détaille Antoine Malone, responsable du pôle prospective à la FHF et coordinateur du programme Respop.

Autre avantage de cette démarche : elle ne nécessite pas de fonds spécifiques, assure Sylvie Filley-Bernard. "Il est tout à fait possible de partir des structures qui existent déjà, en créant une nouvelle méthodologie de travail fondée sur la coordination et la prévention. C’est une autre façon d’envisager la prise en charge des patients, presque un nouveau paradigme." Mieux, l’initiative populationnelle peut même générer des économies. "Une meilleure prévention permet de limiter certains arrêts maladie, de réduire les passages aux urgences ou encore d’augmenter la part des hospitalisations programmées", précise Yannick Neuder.

Les deux structures porteuses du projet savent que son déploiement est observé de près et qu’il pourra servir de modèle à d’autres régions. Plusieurs territoires volontaires devraient prochainement se saisir de l’accompagnement proposé. "C’est demain que tout commence", conclut Sylvie Filley-Bernard.

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Pascale Debenest

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