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Fin de vie : 12 organisations soignantes craignent une détérioration de la relation avec le patient

Suite à une interview donnée par la ministre Agnès Firmin Le Bodo sur la fin de vie, 12 organisations de soignants se réunissent dans une tribune pour exprimer leur crainte d’une détérioration de la relation patient-soignant. Elles dénoncent également la rédaction d’un texte unique sur la fin de vie. 

 

Alors que le Président de la République a promis une nouvelle loi sur la fin de vie "d’ici l’été", 12 organisations de soignants* s’emparent du sujet dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche. Dans une interview, la ministre Agnès Firmin Le Bodo, chargée de ce sujet, a indiqué que son objectif était de "présenter un texte [au Parlement] avant le 21 septembre". Dans leur tribune, les organisations de soignants s'opposent à la rédaction d’un "seul texte" alors que ce projet de loi est composé de trois volets : "l’aide active à mourir", "les soins palliatifs" et "les droits des patients". "Cela instaure une grande confusion, car cela viendrait présenter la mort provoquée comme le complément de l’offre de soin, alors qu’il s’agit en réalité d’un acte qui ne relève pas du même registre", écrivent-elles. Elles constatent également qu’il "avait été promis que les organisations soignantes seraient consultées, ce qui à ce jour n’est pas encore réalisé". 

Les soignants rappellent également que "dans les situations de fragilité, c’est le soin qui doit d’abord s’exprimer". Ils "entendent la détresse, la peine et parfois l’envie de mourir. Ils tentent de comprendre, de soulager, de rassurer. Cette démarche est un élément fondamental de la relation de soin", confient-ils, en utilisant le terme d’"alliance symétrique" entre soignant et soigné. L’un "confie son corps, et parfois plus", l’autre "s’engage à tout mettre en œuvre pour guérir parfois, soulager souvent et accompagner toujours". Cette relation témoigne "d’un acte de confiance inouï". 

Néanmoins, les 12 organisation ne remettent pas en cause le fait que tout individu puisse exprimer "son souhait de mourir", mais ils demandent à ce qu’un "dialogue" soit immédiatement "engagé" et qu’il "ne soit pas faussé par le fait que celui qui entend ce cri de souffrance disposerait du droit de vie ou de mort, de la possibilité de dire oui ou non". "Nous alertons sur le danger d’adopter une telle position, si éloignée des valeurs que défend notre pays a fortiori en un moment où l’offre de soins est à ce point dégradée et inégalitaire que rien ni personne ne pourra garantir que la liberté de choix du patient sera respectée", poursuivent les soignants. "Nous nous prononçons pour une société qui reconnaisse la difficulté du compagnonnage quotidien avec la mort."

 

*Association francophone des soins oncologiques de support (Afsos), Association nationale française des infirmier.e.s en pratique avancée (Anfipa), Association pour la clarification du rôle du médecin dans le contexte des fins de vie (Claromed), Conseil national professionnel de gériatrie (CNPG), Conseil national professionnel infirmier (CNPI), Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (Fnehad), Association nationale des médecins coordonnateurs en Ehpad et du secteur médico-social (MCOOR), Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), Société francophone de néphrologie dialyse et transplantation (SFNDT), Société française du cancer (SFC), Société française de gériatrie et gérontologie (SFGG) et Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI). 

[Avec le Journal du dimanche] 

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