"Propos indignes" : la CME de l'AP-HP exige une sanction contre le Pr Perronne

08/12/2020 Par Aveline Marques
Déontologie
Le 1er décembre, la commission médicale d'établissement (CME) de l'Assistance publique – Hôpitaux de Paris a adopté une motion condamnant les "attaques ad hominen" du Pr Christian Perronne, chef de service des maladies infectieuses de l'hôpital de Garches, à l'encontre d'un confrère. Elle demande à ce que l'AP-HP saisisse l'Ordre des médecins.

"De tels propos sont indignes et doivent être sévèrement sanctionnés", stipule cette motion, adoptée "à l'unanimité" par la CME de l'AP-HP mardi dernier. La commission dit avoir pris connaissance de "propos proférés publiquement par le Pr Christian Perronne attaquant nommément un médecin exerçant à l'AP-HP". Le nom de ce confrère n'est pas cité dans la motion. Mais entre les lignes, on comprend que ces déclarations auraient déclenché "des campagnes d'insultes haineuses sur les cyber-réseaux pouvant aller jusqu'à des menaces de mort mettant gravement en danger les personnes visées et leurs familles". Estimant que ces "attaques ad hominen contreviennent gravement à la confraternité", la CME "demande que l'AP-HP saisisse le Conseil de l'Ordre des médecins". Les soutiens du Pr Perronne n'ont pas tardé à se mobiliser. Le 5 décembre, l'association Bon sens, dont le Pr Perronne est membre, a appelé à envoyer des mails de protestation à plusieurs institutionnels et représentants du corps médical, parmi lesquels le directeur général de l'AP-HP, Martin Hirsch, le président de la CME, le Pr Rémi Salomon, mais aussi le Pr Bruno Riou, doyen de la faculté de médecine de la Sorbonne à qui il est reproché d'avoir engagé contre le Pr Perronne une procédure de retrait de son agrément de formation*. Le Pr Karine Lacombe est également visée, en tant que "coordonnatrice du DES de Maladies infectieuses et tropicales d’Ile-de-France".

L'appel a visiblement payé. Quelques heures plus tard, Martin Hirsch s'est adressé sur Twitter à "ceux qui inondent ce soir nos boites AP-HP de mails de soutien au Pr Perronne, en réponse à des mots d'ordre orchestrés" : "je redis que la médecine ne s'exerce pas par pétition, que nous sommes dans un état de droit avec des règles, juridictions ordinales et tribunaux", twitte le directeur.       

*Egora a sollicité l'Université de la Sorbonne pour obtenir la confirmation de cette information, sans réponse pour le moment.

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