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De gré ou de force, ce député veut ramener les médecins dans les déserts : "On ne demande pas l'impossible"

Cinquante-cinq députés ont déposé, mi-novembre, un projet de loi pour lutter contre la désertification médicale. Parmi leurs mesures phares : le passage obligatoire pour les futurs médecins par trois ans d’exercice dans une zone sous-dotée, un préavis d’un an pour changer de lieu d’exercice ou le conventionnement sélectif. Si les propositions de mesures coercitives sont de plus en plus nombreuses en cette période électorale, c’est parce qu’aux yeux du rapporteur du texte, les mesures incitatives ne suffisent plus. Face à l’urgence du problème, le député UDI d’Ille-et-Vilaine Thierry Benoit souhaite en effet accompagner les médecins à réinvestir les territoires sous-dotés, avec ou sans leur approbation. Il détaille son projet de loi dans une interview accordée à Egora.  

Egora.fr : Dans votre projet de loi, vous appelez à un "changement de paradigme radical" afin de lutter contre la désertification médicale. A vos yeux, les politiques incitatives ne sont pas assez efficaces ?  

Thierry Benoit : Disons qu’on voit bien que ça ne suffit pas. Depuis une vingtaine d’années, les gouvernements successifs ont instauré ces mesures "incitatives" de prime à l’installation, de défiscalisation, de mise en réseau des professionnels de santé à travers les encouragements à la construction de maisons de santé pluridisciplinaires, la contractualisation avec les agences régionales de santé par la signature de contrats locaux de santé, la télémédecine… Malgré toutes ces mesures, le problème de la répartition de l’offre de soins de proximité est plus grave qu’il y a dix ans.  

 

Vous vous êtes inspiré du rapport d’information des sénateurs Hervé Maurey et Jean-François Longeot  pour réfléchir à la question de la liberté d’installation des médecins. Est-ce la clé selon vous ?  

Oui. Ce rapport sénatorial révèle que 6 à 8 millions de Français n’ont plus de médecin référent. On sait que l’accès à la médecine de proximité, c’est justement d’avoir un médecin traitant. Face à ce constat, nous proposons de réguler les installations, les premières années tout au moins, et d’installer, de conventionner, les médecins là où les besoins sont exprimés. Je suis député du département d'Ille-et-Vilaine : sur l’ensemble du territoire, l’offre socio-éducative est de très grande qualité, on n’est pas dans des territoires en déshérence…. Et dans ce département, nous avons malgré tout un problème de répartition de l’offre de soins.  

 

L’une des mesures phares que vous proposez pour pallier cette mauvaise répartition, c’est en effet de contraindre les jeunes médecins diplômés à exercer pendant trois ans dans une zone sous-dotée…  

L’idée, c’est de ne pas renforcer, densifier, l’offre là où elle est satisfaisante. Au contraire, il faut permettre la régulation en encourageant les installations même à titre temporaire dans les territoires moins bien dotés. La proposition de loi parle de trois ans, cela sera soumis au débat. Naturellement, les mesures de régulation doivent être couplées avec les mesures incitatives qui existent déjà aujourd’hui. Elles pourraient même...

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