Un généraliste placé 24 heures en garde à vue pour avoir refusé une réquisition : "Un signal désastreux aux soignants de ce pays"
Généraliste installé à Chennevières-sur-Marne, le Dr Gabriel Terdjman, 79 ans, a été placé en garde à vue durant 24 heures. Le généraliste avait refusé de répondre à une réquisition du commissariat en vue d'établir un certificat de décès.
"On s'est comporté comme si j'étais un criminel ou un voyou", s'indigne le Dr Gabriel Terdjman dans les colonnes du Parisien. Âgé de 79 ans, ce généraliste, installé à Chennevières-sur-Marne a été placé en garde à vue samedi 21 janvier durant 24 heures. Son tort ? Avoir refusé de répondre à une réquisition du commissariat en vue d'établir un certificat de décès.
L'affaire remonte au 6 janvier. Alors que l'Ile-de-France fait face à un épisode neigeux et que la grève des médecins libéraux vient de démarrer, Gabriel Terdjman enchaîne les consultations. Au cours de l'après-midi, alors qu'il est en consultation avec un patient, le praticien reçoit un appel d'un numéro masqué. "Docteur, c’est le commissariat, vous êtes réquisitionné pour établir un certificat de décès", l'informe une voix masculine.
"Mon interlocuteur ne se présente pas clairement, ne décline ni son nom ni son grade. Je lui explique que je ne peux pas, lui dis que ma salle d'attente est pleine, que je suis non gréviste, très âgé, que les conditions climatiques ne s'y prêtent pas, que j’ai déjà effectué un certificat de décès 48 heures plus tôt, que je n'ai pas de réquisition écrite et que je ne suis pas préposé à effectuer tous les certificats de Chenevières", raconte le médecin au Parisien.
Au terme d'un échange musclé, le médecin finit par raccrocher. Un nouvel appel, toujours d'un numéro masqué, survient deux jours plus tard. La même voix masculine lui annonce qu'ayant refusé de répondre à la réquisition, il est prié de se rendre au commissariat "pour être sanctionné". Toujours convaincu qu'il s'agit d'une mauvaise blague, le généraliste, après avoir fait part de son agacement, raccroche.
Il reçoit quelques jours plus tard une convocation officielle en vue d'un placement en garde à vue le 21 janvier à 15 heures. Photographie, relevé d'empreintes… le médecin tombe des nues. Après un interrogatoire plutôt courtois, Gabriel Terdjman, qui s'attendait à être libéré, se voit annoncer qu'il passera la nuit en cellule. Il n'en ressortira qu'à 15 heures le lendemain, avec une convocation devant le délégué du procureur pour le 20 octobre prochain.
Outre le refus de répondre à sa réquisition, le médecin est en effet également accusé d'avoir outragé un agent dépositaire de l'autorité publique par téléphone. Choqué, le généraliste envisage plusieurs actions en justice, selon BFMTV. Il aurait également alerté l'Ordre des médecins.
Apportant son "soutien" à ce confrère, MG France indique également avoir "saisi dès aujourd'hui les autorités compétentes afin d'obtenir des clarifications". "Au regard des éléments rapportés, le recours à une garde à vue apparaît disproportionné et envoie un signal désastreux aux soignants de notre pays", estime en effet le syndicat, qui rappelle que le certificat de décès "engage la responsabilité du médecin" et "ne peut pas être réduit à une formalité administrative".
[avec Le Parisien et BFMTV]
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