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Télé-expertise auprès d'opticiens : les ophtalmologistes dénoncent des pratiques dangereuses pour les patients

Le syndicat représentatif des ophtalmologistes alerte, ce jeudi 3 septembre, sur la téléexpertise réalisée auprès d'opticiens, sans contact direct avec les patients. Ils dénoncent des retards diagnostiques pouvant "entraîner des dommages irréversibles". 

03/09/2026 Par Chloé Subileau
Ophtalmologie
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Le Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof) alerte, ce jeudi 3 septembre, sur le développement de la télé-expertise optique. Cette pratique, qui s'est développée ces dernières années, permet aux opticiens de fournir en quelques heures des prescriptions de lentilles ou de lunettes à leurs clients, via un examen visuel fait par l'opticien lui-même dans son magasin. L'ophtalmologiste, qui prescrit à distance sur la base des données du contrôle visuel de l'opticien, n'a pas de contact direct avec le patient. 

Pour le Snof, ces téléexpertises, qui "n'ont rien en commun avec les téléconsultations", sont "susceptibles de s'affranchir des exigences médicales et déontologiques indispensables à la sécurité des patients". 

Le syndicat craint notamment des retards dans le diagnostic de certaines pathologies, "comme le glaucome ou certaines atteintes rétiniennes", cite-t-il, dans son communiqué. Un tel retard peut pourtant "entraîner des dommages irréversibles". 

Selon le syndicat, "plus de 5 000 patients ayant obtenu une ordonnance optique via certains dispositifs de téléexpertise sont atteints d’un glaucome qui n’a pas été dépisté et pourraient ainsi rester non traités". 

Autre point de vigilance : 30 à 40% des prescriptions réalisées par téléexpertise concerneraient des lentilles de contact, c'est quatre à cinq fois plus qu'en consultation en présentiel, d'après le Snof. Cet écart "interroge sur les conditions de prescription, alors que les lentilles nécessitent une évaluation médicale adaptée", pointent les ophtalmologistes.

Une plainte ordinale déposée 

Et, alors qu'elles sont présentées comme luttant contre les déserts médicaux, ces pratiques sont réalisées en grande majorité dans de grandes villes (Paris, Marseille, Toulouse…). "Le recours à la télémédecine doit avant tout répondre à un besoin médical et territorial identifié, et non se développer indépendamment de la réalité de l’offre de soins", soutient le Snof, pour qui "ces solutions sont essentiellement utilisées à visée commerciale pour des magasins installés en zone concurrentielle". 

Il y a donc urgence à agir. "Les autorités doivent maintenant s’emparer de la téléexpertise optique pour poser un cadre clair, garantissant à la fois son développement et la sécurité des patients", appelle le Dr Vincent Dedes, président du Snof. Le syndicat demande notamment un agrément obligatoire pour les sociétés pratiquant cette téléexpertise et une traçabilité complète des prescriptions. Il annonce, par ailleurs, avoir déposé une plainte ordinale à l'encontre de plusieurs acteurs et prescripteurs de ces sociétés de téléexpertise "dont les pratiques sont susceptibles de contrevenir au cadre médical et réglementaire en vigueur". 

[avec AFP]

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Pascale Debenest

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Anne SAINT-MARC FUHRER
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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
Voilà une des dérives après l’organisation de la pénurie des médecins. Et ce n’est qu’un début, à mon avis. Quand il y a un manque, la nature n’aimant pas le vide, il y a évidemment des qui s’infiltrent dans les brèches. Formons des médecins comme on le demande, rémunérons les à la hauteur de leurs études, de leurs compétences, de leurs responsabilités et à la hauteur du niveau de vie du pays ( au lieu de faire l’inverse en dévalorisant les actes et en faisant croire que tout le monde peut «faire de la médecine») et on s’en portera mieux et évidemment, traquer les dérives et l’exercice illégal de la médecine. Bref, Redonnons à la médecine ses lettres d’or.
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Bernard LEVE
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Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
Un opticien, aussi compétent soit-il, détermine la correction visuelle à réaliser par verres ou pire par lentilles, mais c'est un OPH qui doit établir la prescription mais sans voir le patient? Jamais, si j'étais ophtalmo, je n'entrerais dans ce circuit. Si les opticiens en sont là, qu'on les autorise à prescrire dans leur domaine et qu'ils en prennent toute la responsabilité.
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CLAUDE LAMER
1,2 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
J'ai utilisé ce "service opticien" aprés un bris de lunette. J'en ai été satisfait en termes pratiques (Correction dioptrique réactualisée- rapidité de la prestation). Je dois reconnaitre que l'opticien m'a formellement recommandé de maintenir le rendez vous avec mon ophtalmologiste habituel ( Obtenu le matin méme, RV avec 8 mois de délai)
 
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