@Brian Jackson - stock.adobe.com
Post-IDM : une étude suggère que les bétabloquants pourraient être arrêtés sans risque chez certains patients
Les bétabloquants font généralement partie du traitement habituel après un infarctus du myocarde (IDM). Mais cette stratégie pourrait être remise en cause au vu d’une nouvelle analyse dont les résultats viennent d’être rendus publics.
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Ces nouvelles données proviennent de deux essais réalisés conjointement par l’AP-HP et le Samsung Medical Center à Séoul. Les auteurs ont cherché à évaluer chez des patients ayant subi un IDM et stabilisés la sécurité d’un arrêt du traitement par bétabloquants.
Au total, 6 238 patients ont été inclus dans les deux essais. Ils avaient tous subi un IDM plus de six mois auparavant, et présentaient une fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG)≥ 40 %, sans insuffisance cardiaque et sans autre indication aux bêtabloquants. Les participants ont été répartis en deux groupes : un groupe avec arrêt du traitement (3 092 patients) et l’autre avec sa poursuite (3 146 patients).
Le suivi médian a été de trois années. Les auteurs ont alors montré que des bêtabloquants n’augmentaient pas le risque d’événements cardiovasculaires majeurs par rapport à leur poursuite. Ainsi, 17,2 % des patients ayant interrompu ce traitement avaient présenté le critère principal de jugement (décès toutes causes, IDM, AVC ou hospitalisation pour raison cardiovasculaire), contre 15,9 % chez ceux l’ayant poursuivi (HR = 1,09 ; IC à 95 % : 0,97–1,24 ; p de non-infériorité = 0,016). Et la fréquence du critère secondaire principal (décès toutes causes, infarctus du myocarde ou hospitalisation pour insuffisance cardiaque) était aussi similaire dans les deux groupes, de respectivement 6,5 % et 6,4 % (HR = 1,01 ; IC à 95 % : 0,83–1,23 ; p de non-infériorité = 0,0006).
Même si ces données doivent être interprétées avec prudence, elles suggèrent que l’interruption du traitement par bétabloquants est "une stratégie sûre sans impact sur les récidives d’évènements graves", concluent les auteurs. Elles pourraient amener à une modification des recommandations concernant la durée optimale du traitement par bêtabloquants après un IDM et une réadaptation des soins thérapeutiques chez les patients à faible risque.
Références :
Silvain J. et al. Lancet (31 aout) ; et un communiqué de l’AP-HP et du Samsung Medical Center de Séoul (1er septembre).
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