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Souffrance des soignants : les appels à la plateforme SPS en hausse de plus de 50 % chez les étudiants en santé

La plateforme SPS, qui propose un dispositif gratuit d’accompagnement psychologique pour les soignants et étudiants en santé, a enregistré 5560 appels en 2025. L’institution note une augmentation de 13,6% des appels des soignants et de 51,2 % de la part des étudiants en santé. 

09/04/2026 Par Alexis Vignais
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Les soignants ont, davantage encore, besoin d’un accompagnement psychologique. C’est l’enseignement qu’il est possible de tirer des derniers chiffres publiés par la plateforme d’écoute de SPS. Pour rappel, SPS propose un dispositif gratuit d’accompagnement psychologique, avec, notamment, une plateforme d’écoute et une orientation vers une prise en charge médico-psychologique.

Ainsi, en 2025, la plateforme SPS a enregistré 5 560 appels, "soit un niveau d’activité toujours soutenu", indique la plateforme, via communiqué. Toutefois, à titre de comparaison, près de 7 000 appels avaient été recensés en 2024.

"Cet écart ne traduit pas une baisse de la demande, mais résulte d’une évolution du périmètre du dispositif", indique SPS. En effet, ces chiffres interviennent après une évolution importante. En octobre 2025, l’association SPS est devenue "SPS, l’institut pour la santé des soignants". Quelques mois plus tard, SPS a recentré sa mission prioritaire d'écoute et d'orientation aux soignants et étudiants en santé en souffrance.

Conséquence de ce recentrage : la proportion des appels émanant des publics cibles augmente. Sur les 5 560 appels enregistrés, 3 494 ont été passés par des soignants (près des deux tiers des appelants) et 1 101 par des étudiants en santé (20 %), soit au total 4 595 demandes d’écoute relevant du secteur de la santé.

Mais, en dehors de ce recentrage, certains chiffres sont particulièrement inquiétants. Par rapport à 2024, les appels ont augmenté de 13,1 % chez les soignants et de 51,2 % chez les étudiants. "La montée en puissance des appels étudiants constitue un signal d’alerte majeur, révélateur de difficultés apparaissant très tôt dans les parcours de formation", alerte SPF. À noter qu’entre 2023 et 2024, le nombre de requêtes adressées au dispositif SPS avait déjà augmenté de près de 35 % chez les soignants.

Parmi ces données, on peut aussi relever le fait que le temps moyen d’échange était d’environ 26 minutes, et 7 % des demandes d’écoute ont dépassé l’heure. Un quart ont été passés la nuit et 11 % le dimanche. "Comparés à l’année précédente, la durée et la fréquence des appels restent globalement stables, à un niveau élevé", commente SPS.

Comme en 2024 : les soignants ayant contacté la plateforme sont majoritairement des femmes (78 %) et exercent le plus souvent une activité salariée (81 %), avec un âge moyen de 43 ans. À l’instar de 2024, trois catégories de soignants concentrent à elles seules plus de la moitié des appels : les infirmières (30 %), les aides-soignantes (16 %) et les médecins (13 %). Viennent ensuite les cadres de santé et personnels administratifs (8 %) et les autres professionnels de la santé (8 %).

Concernant la répartition géographique, l’Île-de-France concentre 25 % des appels émis par des soignants et des étudiants en santé. Elle est suivie par l’Auvergne-Rhône-Alpes (13 %) puis par le Grand-Est, la Provence Alpes-Côte d'Azur, la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie (entre 8 et 9 % chacune). Mayotte, la Guyane, la Réunion et la Martinique ont vu leurs taux d’appels exploser, tout particulièrement chez les étudiants.

Les motifs de ces appels étaient autant personnels que professionnels. Les soignants ont fait appel à la plateforme pour des raisons personnelles dans un peu plus de la moitié des cas. Dans plus d’un tiers des cas, ils ont contacté le dispositif pour des motifs d’ordre professionnel (épuisement professionnel, conflit avec les collègues et démotivation). Dans l’ensemble, ces résultats s’inscrivent dans la continuité de ceux observés en 2024. Du côté des étudiants en santé, les recours à la plateforme ont également concerné, en premier lieu, des difficultés personnelles, une part toutefois en recul par rapport à l’année précédente (57 % contre 65 %). En parallèle, les appelants ont davantage signalé des problèmes liés au parcours étudiants (30 % contre 25 %). Enfin, seulement 5 % d’entre eux ont révélé des soucis professionnels.

 

SPS en pratique :

La plateforme d’écoute est ouverte 24 h/24 et 7 j/7 et met en lien avec une équipe de plus de 120 psychologues cliniciens formés aux risques psychosociaux. Ces psychologues accompagnent jour et nuit les soignants et étudiants en santé peuvent être contactés via le numéro vert 0 805 23 23 36 (gratuit, anonyme et confidentiel, 100 % des appels décrochés) ou l’application mobile Asso SPS2. 

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