Repérage des violences conjugales : les généralistes interrogent encore trop peu leurs patientes, selon la HAS
La proportion de femmes directement questionnées par leur médecin généraliste sur d'éventuelles violences conjugales subies évolue mais elle reste "faible", souligne la Haute Autorité de santé dans son baromètre 2025.
La HAS recommande depuis 2019 que les médecins généralistes questionnent systématiquement leurs patientes pour détecter d'éventuelles violences conjugales, "présentes ou passées". Pour suivre l'évolution des pratiques en médecine générale sur ce sujet, elle a mis en place un baromètre consistant à interroger régulièrement les femmes afin de savoir si le sujet est abordé en consultation.
Les deux premières mesures barométriques, effectuées en 2022 et 2023, avaient montré que les patientes étaient "très favorables" à ce questionnement systématique, mais qu'il restait encore trop peu mis en œuvre, rappelle la HAS dans une publication diffusée sur le réseau social LinkedIn. Si le questionnement sur les violences "progresse" en 2025, il reste "insuffisamment appliqué", nous apprend le dernier baromètre.
Dans ce cadre, 1 000 femmes âgées de 18 ans et plus ont été interrogées en ligne entre le 27 octobre et le 4 novembre 2025. Sur ce panel, 876 avaient consulté un généraliste au moins une fois au cours des 18 derniers mois, en cabinet (86 %) et/ou en téléconsultation (24 %). Dans près de 8 cas sur 10, il s'agissait de leur médecin habituel, considéré comme un "interlocuteur de confiance" par l'écrasante majorité des femmes sondées.
En 2025, 1 femme sur 20 a été interrogée sur les violences conjugales lors d'une récente consultation (contre 1 sur 33 en 2022, soit une augmentation de 67 %). Ce qui montre que "le sujet entre lentement dans les pratiques", selon la HAS. 17 % des patientes ont été interrogées sur leur relation de couple, avec un taux plus élevé chez les femmes enceintes, "ce qui pourrait être un signe que la grossesse est de mieux en mieux reconnue comme situation à risque".
Seules 28 % des femmes sondées dans le cadre de ce baromètre se souviennent avoir vu des ressources et informations relatives aux violences dans le cabinet médical, "une proportion stable depuis 2022". Parmi les 876 répondantes, 1 femme sur 5 a déclaré subir ou avoir subi des violences (verbales, psychologiques, sexuelles, etc.) de la part de son partenaire, note la HAS, selon qui "améliorer le repérage des violences permettrait de mieux prendre en charge 2,5 fois plus de femmes".
La Haute Autorité de santé souligne, en outre, que la démarche de questionnement est "comprise et très largement plébiscitée par les femmes". Ainsi, 97 % des femmes sondées considèrent ce questionnement comme une bonne chose. Les femmes victimes de violences ont une perception encore plus positive vis-à-vis de ce questionnement : elles sont 89 % à le trouver rassurant et 72 % à le qualifier de source de soulagement.
Références :
Le repérage des violences conjugales en médecine générale : point de vue des femmes françaises, synthèse de l'enquête Verian-HAS, novembre 2025, Haute Autorité de santé.
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