Violence conjugale

Repérage des violences conjugales : les généralistes interrogent encore trop peu leurs patientes, selon la HAS

La proportion de femmes directement questionnées par leur médecin généraliste sur d'éventuelles violences conjugales subies évolue mais elle reste "faible", souligne la Haute Autorité de santé dans son baromètre 2025. 

06/03/2026 Par Louise Claereboudt
Violence
Violence conjugale

La HAS recommande depuis 2019 que les médecins généralistes questionnent systématiquement leurs patientes pour détecter d'éventuelles violences conjugales, "présentes ou passées". Pour suivre l'évolution des pratiques en médecine générale sur ce sujet, elle a mis en place un baromètre consistant à interroger régulièrement les femmes afin de savoir si le sujet est abordé en consultation.

Les deux premières mesures barométriques, effectuées en 2022 et 2023, avaient montré que les patientes étaient "très favorables" à ce questionnement systématique, mais qu'il restait encore trop peu mis en œuvre, rappelle la HAS dans une publication diffusée sur le réseau social LinkedIn. Si le questionnement sur les violences "progresse" en 2025, il reste "insuffisamment appliqué", nous apprend le dernier baromètre.

Dans ce cadre, 1 000 femmes âgées de 18 ans et plus ont été interrogées en ligne entre le 27 octobre et le 4 novembre 2025. Sur ce panel, 876 avaient consulté un généraliste au moins une fois au cours des 18 derniers mois, en cabinet (86 %) et/ou en téléconsultation (24 %). Dans près de 8 cas sur 10, il s'agissait de leur médecin habituel, considéré comme un "interlocuteur de confiance" par l'écrasante majorité des femmes sondées.

En 2025, 1 femme sur 20 a été interrogée sur les violences conjugales lors d'une récente consultation (contre 1 sur 33 en 2022, soit une augmentation de 67 %). Ce qui montre que "le sujet entre lentement dans les pratiques", selon la HAS. 17 % des patientes ont été interrogées sur leur relation de couple, avec un taux plus élevé chez les femmes enceintes, "ce qui pourrait être un signe que la grossesse est de mieux en mieux reconnue comme situation à risque".

Seules 28 % des femmes sondées dans le cadre de ce baromètre se souviennent avoir vu des ressources et informations relatives aux violences dans le cabinet médical, "une proportion stable depuis 2022". Parmi les 876 répondantes, 1 femme sur 5 a déclaré subir ou avoir subi des violences (verbales, psychologiques, sexuelles, etc.) de la part de son partenaire, note la HAS, selon qui "améliorer le repérage des violences permettrait de mieux prendre en charge 2,5 fois plus de femmes".

La Haute Autorité de santé souligne, en outre, que la démarche de questionnement est "comprise et très largement plébiscitée par les femmes". Ainsi, 97 % des femmes sondées considèrent ce questionnement comme une bonne chose. Les femmes victimes de violences ont une perception encore plus positive vis-à-vis de ce questionnement : elles sont 89 % à le trouver rassurant et 72 % à le qualifier de source de soulagement. 

Références :

Le repérage des violences conjugales en médecine générale : point de vue des femmes françaises, synthèse de l'enquête Verian-HAS, novembre 2025, Haute Autorité de santé. 

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3 débatteurs en ligne3 en ligne
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Dom B
1,1 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
Ha ce généraliste ! il est bougrement pratique : compétent en tout mais spécialisé en rien. Pratique car on peut toujours invoquer sa grande compétence " en tout", quand ou veut lui reléguer une situation, une difficulté voire un échec , mais lui faire remarquer sa spécialisation " en rien" quand ou veut lui disputer une activité de suivi régulier . Allez...braves bougres, à défaut d'être honorés pour vos compétences ( dont la 1ere devrait toujours être de connaitre ses limites), soyez motivés car d’autres feront toujours mieux le travail que vous. 25 ans d'activité ça commence à compter, ça en fait des histoires à raconter.
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A REM
752 points
Incontournable
Médecine générale
il y a 2 mois
Je suppose qu’il faut demander cela entre le suivi du cancer du col par FCV, savoir si la vaccination est à jour, si la grossesse et le suivi sont effectués, si le dépistage du cancer colo rectal est fait , si le dépistage de la MRC , du diabète est ok, si les enfants vont bien et ont fait leur rappel méningite ACWY, si pas de burn out, si la mammographie est faite, les antécédents de tout le monde, prévention cholestérol, tabac, alcool, mise en avant de l’activité physique … je continue ou cela suffit. Le médecin généraliste est magicien dans cette société. Il doit tout faire bien. A moins de faire des consultations d‘une heure à 150 euros, je ne vois pas comment tout faire au quotidien dans ces « missions ». Comme me disait ma maître de stage: les médecins ne sont pas dieux.
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DELA LIE
3 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
"que la grossesse est de mieux en mieux reconnue comme situation à risque". Ou tout simplement que le suivi très régulier permet une intimité propice aux questions délicates ? Et/ou offre plus de "fenêtres temps" parmi tout ce que doit faire un MG en plus des motifs de base pour lesquels le rdv à été pris ! Je n'ai que 2 bras et 1 cerveau !
 
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