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Violences conjugales : les repérer et les signaler

Dans le monde, un quart des femmes ont été confrontées à des violences conjugales. Avec la levée du secret médical, le médecin généraliste joue un rôle clé dans leur repérage.

20/01/2026 Par Alexandra Verbecq
CNGE 2025
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En France, 274 000 plaintes ont été déposées en 2024 dont 66 % des cas sont des violences physiques et 30 % des violences psychologiques. L’Organisation mondiale de la santé définit les violences conjugales comme étant tout comportement qui, dans le cadre d’une relation intime, cause un préjudice d’ordre physique, sexuel ou psychologique. Une étude (Deparis N, et al. Santé publique 2024) a montré que plus de 90 % des femmes victimes de violences conjugales avaient consulté un médecin généraliste au cours des douze derniers mois pour fatigue, douleurs, souffrance psychologique (anxiété, tristesse, troubles du sommeil) et que 65 % des mères du groupe avaient consulté pour leur(s) enfant(s). La majorité (82 %) souhaitaient que leur médecin les interroge sur les violences conjugales.

"La loi du 30 juillet 2020 permet aux professionnels de santé d’effectuer un signalement de cas de violences conjugales sans l’accord de la victime si celle-ci se trouve dans une situation de danger immédiat et qu’elle est sous emprise de son agresseur", informe la Dre Constance Martin, médecin généraliste au CHU d’Angers. Il ne s’agit pas d’une obligation mais d’une dérogation au secret médical. "L’emprise se définit par la perte du libre arbitre, induite par la domination et la manipulation du conjoint. Ces deux notions conduisent au déni des violences, ce qui complique le repérage par les professionnels de santé et le signalement aux autorités. Pour sortir du silence, les femmes ont besoin d’un climat de confiance, qui s’établit dans le temps long. La libération d’emprise est une condition indispensable au signalement, sinon la victime risque de retourner vers son agresseur", analyse le Dr Bernard Clary, médecin généraliste, professeur associé au département universitaire de médecine générale de Montpellier. 

Les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS, 2019) sur le repérage des femmes victimes de violence au sein du couple préconisent notamment de montrer son implication par des affiches et la mise à disposition de brochures dans la salle d’attente et de les questionner systématiquement sur l’existence de violences subies (présentes ou passées) lors de l’anamnèse. Cependant, dans son baromètre (BVA 2023), la HAS a pu constater que les violences conjugales étaient encore trop peu abordées par les médecins généralistes. Seules 14 % des femmes déclarent ainsi que leur médecin les a questionnées sur la relation avec leur partenaire, et 3 % sur d’éventuelles violences. Pour la Dre Martin, "le médecin généraliste, en tant que premier recours, a ainsi un rôle essentiel". Des outils existent pour aider les praticiens dans cette identification complexe, notamment le site declicviolence.fr.

 

Références :

D’après la session « Violences » lors du 25e Congrès national du CNGE Collège académique (Toulouse, 3 au 5 décembre 2025).

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