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Les médecins anesthésistes-réanimateurs veulent être exemptés de garde après 50 ans

Le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi aux autres spécialités (SNPHARE) publie les résultats de l'enquête MIR@MAR sur les aspirations des médecins exerçant en soins critiques. 

12/03/2026 Par Aveline Marques
Hôpital Anesthésie-Réanimation
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Les aspirations des médecins évoluent, et pas seulement celles des plus jeunes. C'est fort de ce constat que le SNPHARE a conduit une enquête nationale auprès des praticiens exerçant en soins critiques dans les hôpitaux publics. Du 8 décembre 2025 au 8 février 2026, 425 anesthésistes-réanimateurs et médecins intensivistes-réanimateurs ont fait part de leurs attentes : un meilleur respect de l'équilibre vie professionnelle-vie personnelle, "que vient percuter la nécessaire continuité des soins dans cette discipline", la reconnaissance de la pénibilité du métier (liée aux gardes, aux astreintes, au travail de nuit mais aussi à la confrontation à la mort) pour la retraite, et la valorisation de l'appartenance à une équipe, résume le syndicat dans un communiqué diffusé ce mardi 10 mars.

Première demande : fixer des ratios médecin/patients de 1 pour 5 voire 1 pour 4 en réanimation et de 1 pour 6 à 8 en unités de soins intensifs polyvalents. "S’il existe aujourd’hui pour les soins critiques une réglementation sur le nombre de professionnels non médicaux, rien n’est défini dans la réglementation pour les médecins", pointe le syndicat. "En revanche, en anesthésie-réanimation, de tels ratios sont définis en anesthésie programmée et en obstétrique." La loi Jomier, promulguée en janvier 2025, devrait permettre d'y remédier.

"De nombreux médecins considèrent que travailler 24 heures d'affilée devrait être interdit"

Deuxième revendication forte des médecins : fixer les obligations de service à 39 heures (au-delà il s'agit de temps additionnel, sur la base du volontariat) et fixer "au maximum entre 5 et 7 jours le nombre de jours consécutifs d'activité".

L'enquête révèle également que "de nombreux médecins considèrent que travailler 24 heures d'affilée devrait être interdit", pointe le SNPHARE. Une majorité des répondants (57 %) souhaitent que "soient abandonnées les gardes de 24 heures en semaine, ce qui va dans le sens de l’évolution du rapport au travail des médecins et la recherche de rythmes moins anti-physiologiques, sources de conséquences sur la vie personnelle, familiale et de loisir, sur la fatigue et sur la santé". Le SNPHARE demande à ce qu'en semaine, la durée de la garde soit abaissée à 14 ou 16 heures et que soit libérée la matinée précédant la garde. D'autant que l'enquête montre que 7% des répondants ont une activité clinique post garde, ce qui est contraire à la réglementation, et 50% une activité non clinique (autorisée pour les hospitalo-universitaires). 


La garde de 24 heures semble en revanche mieux tolérée les week-end et les jours fériés : cela permet aux médecins de "diminuer le nombre de présences de week-end à l'hôpital" et de bénéficier d'une meilleure rémunération, explique le SNPHARE.

Autre aspiration émergeant de l'enquête : les deux tiers des médecins répondants souhaitent que l’âge d’exemption de garde soit abaissé à 50 ou 55 ans, contre 60 ans actuellement. Cette demande est "très révélateur de l’évolution du rapport des médecins hospitaliers à leur travail et à la nécessité de limiter dès que possible la pénibilité" liée aux gardes. 

Références :

Source : enquête MIR@MAR, SNPHAR

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⚖️ On remarque que pour ceux qui répondent soit OUI soit NON, l'argumentaire est à peu près superposable, le seul spécialiste inco... Lire plus

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François CHASSAING
617 points
Incontournable
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
Cela fait 32 ans que je prends des gardes ou des astreintes; je considère que c'est normal dans notre métier. J'ai connu l'époque ou seuls les jeunes ( internes ) prenaient des gardes : bon pour leur formation ( à l'époque ! pas aujourd'hui !!! ), mais nul pour les patients , livrés à des équipes de jeunes sans trop d'expérience ni savoir faire ; et je ne comprends toujours pas que les anciens nous donnaient des leçons de morale et de médecine en laissant faire de telles situations , qui ,les arrangeaient bien ... J'ai vite pris des gardes , et avec la pénurie de médecins je n'ai jamais arrêté , et cela me donne une légitimité : - je ne fais pas ce que mes anciens ont fait - je partage équitablement le travail avec des jeunes et moins jeunes , nous sommes à égalité - durant et avec le travail de nuit et de week end , je sais ce qui se passe dans mon établissement , je ne me contente pas de rapports du lendemain . Et si je trouve ou trouvais que le lendemain d'une garde le médecin est inapte j'agirais en conséquence : STOP , rentrez chez vous dormir , nous sommes des professionnels et pas des moines ! Pour paraphraser l'adage des internes d'autrefois : la garde ( ou l'astreinte ) est le devoir et le privilège de l'anesthésiste- réanimateur . Je peux comprendre les problèmes que ces gardes entrainent , depuis le temps que j'en fait ! Au fil des années j'ai mis en place des procédures diverses. La plus importante à comprendre pour tout le monde , dans n'importe quel hôpital français , est que pendant la garde on ne doit PAS être dérangé pour des bêtises , en particulier pour régler des problèmes qui n'ont pas été réglés par l'équipe de jour dont c'est le travail !Facile à dire ? difficile à faire admettre !
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Domi Col
13 points
Anesthésie-réanimation
il y a 22 jours
J'ai exercé plus de 30 ans comme anesthésiste en libéral , j'ai pris des astreintes , j'ai passé des nuits blanches ; le plus souvent précédées et suivies d'une journée de travail et ce jusqu'à mes 59 ans ou j'ai pris une retraite largement anticipée mais en perdant 25 % de celle ci , je ne le regrette pas . Ce rythme de travail est anormal et incompatible avec la sécurité des patients , l'âge de 50 ans n'est pas une limite tolérable à une situation qui concerne toutes le tranches d'âge .
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JACQUES MARESCHAL
310 points
Médecine générale
il y a 2 mois
Bon début et dans 10 ans on demande que ce soit à 40 ans avec la prolongation des études on devrait arriver à la suppression totale des gardes ! Ah les jeunes sont vraiment plein d’idées !
 
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