L'ARS baisse la rémunération des médecins : trois maisons médicales de garde ferment dans les Yvelines
Après avoir fait grève en décembre pour dénoncer l'harmonisation à la baisse de la rémunération des gardes postées à compter du 1er janvier 2026, les médecins de trois maisons médicales de garde (MMG) du département ont mis leur menace à exécution.
Dans un communiqué daté du lundi 9 mars, l’ARS Île-de-France "prend acte de la fermeture de trois maisons médicales de garde dans les Yvelines". Cette fermeture fait suite à l'arrêt du "régime dérogatoire" dont bénéficiaient depuis 2012 les médecins intervenant dans quatre MMG du département qui, à l'époque, "rencontraient des difficultés à recruter des médecins", retrace l'ARS.
Depuis le 1er janvier 2026, les gardes postées sont rémunérées de façon dégressive : à partir de 4 consultations par heure, l'astreinte plancher est abaissée à 60 euros, contre 200 euros jusqu'alors. "Cette situation dérogatoire n’a plus de justification aujourd’hui", avance l'ARS, qui a accordé un "préavis de près de quatre ans" et concerté "l'ensemble des professionnels de l'urgence, représentés au Codamups", avant d'acter ce "retour au droit commun".
Dénonçant une "uniformisation vers le bas", les médecins intervenant dans les quatre MMG concernées (Mantes-la-Jolie, Montfort, Montigny et Les Mureaux) ont entamé une grève au mois de décembre. "Vous connaissez beaucoup de syndicats qui accepteraient que cette rémunération, la même depuis 20 ans, soit revue à la baisse ?", avait réagi auprès d'Actu.fr le Dr Jean-Marie Conesa, président de l’Amicale des médecins des Mureaux, qui gère la maison médicale de garde de la commune.
Les grévistes "n'ont pas souhaité discuter d’éventuelles solutions à mettre en œuvre pour accompagner la transition", déplore l'ARS, qui assure que malgré ces trois fermetures "la PDSA reste pleinement opérationnelle dans les Yvelines" à travers la régulation médicale du 15 qui oriente les patients "vers les solutions les plus adaptées" – SAS ou urgences.
"Après une première consultation avec les élus, l’ARS Île-de-France a confirmé sa volonté de maintenir un dispositif de MMG sur les territoires des quatre communes concernées, et va demander officiellement aux professionnels s’ils souhaitent reprendre leur activité aux conditions de droit commun, ou s’ils confirment un arrêt définitif de leur activité, indique le communiqué. Dans ce cas, l’ARS lancera un nouvel appel à candidature et labellisera d’autre professionnels volontaires pour s’investir dans cette mission."
La sélection de la rédaction
Si vous étiez maire, que feriez-vous pour la santé ?
A l'approche des élections municipales, Egora lance une grande consultation auprès de ses lecteurs. Accès aux soins, conditions d'exercice, prévention, étudiants... Sélectionnez une thématique et déposez vos propositions !