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Hausse des prix des carburants : le Gouvernement ouvre la porte à un soutien pour les infirmières
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, a abordé, ce lundi 30 mars, les dispositifs mis en place par l’État face à la hausse du prix des carburants.
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Il faudra patienter pour obtenir une éventuelle aide. Invité de France info ce lundi 30 mars, Jean-Pierre Farandou a abordé la situation des infirmières libérales face à la hausse des prix des carburants. Une phrase qui ouvre une possible porte : "On aura une sensibilité pour les infirmières, on regardera ce qu’il est possible de faire", a-t-il indiqué.
Vendredi 27 mars, le Gouvernement a annoncé un plan d'aide d'un montant de 70 millions d'euros pour les professionnels les plus touchés par cette flambée des prix. Cette aide, d'une durée limitée à un mois seulement pour le moment, profitera notamment aux agriculteurs, aux pêcheurs et à certains transporteurs routiers. Les infirmières, elles, ne sont pas citées dans ce plan.
"Le social, on ne l’oublie pas", s’est toutefois défendu le ministre, qui a aussi rappelé sur France info que "l’argent de l’État n’est pas extensible" et que ce dernier est "en déficit", indiquant qu’il y a un "effort national à réaliser tous ensemble". "C'est par la solidarité nationale qu'on s'en sortira, pas en s'opposant les uns contre les autres."
"Ce n'est pas supportable"
Une prise de parole intervenant après celle de Michel Picon, président de l'Union des entreprises de proximité (U2P). "Ce sont des gens qui subventionnent, sur leur argent personnel, les soins qu’ils vont donner à leurs patients", a-t-il rappelé, jugeant que "ce n’est pas supportable" et estimant que "c’est un secteur à soutenir". Une alerte également sonnée par plusieurs organismes représentatifs du secteur. Le Syndicat national des infirmières et des infirmiers libéraux (Sniil) a ainsi déclaré, mercredi 25 mars, qu’ils avaient "saisi la ministre de la Santé", afin d'obtenir "des mesures concrètes et immédiates".
"L'augmentation du coût des déplacements vient désormais déséquilibrer un modèle économique déjà fragile, au point de remettre en cause la rentabilité de certains soins et de certaines tournées", complète le syndicat dans le même communiqué. Selon le Sniil, les conséquences pourraient d’ailleurs être très concrètes : "réduction de l’offre de soins, recul de la présence infirmière dans les zones les plus étendues et renforcement des inégalités territoriales." Face à ces dangers, le syndicat demande "une aide exceptionnelle" pour compenser l’augmentation des prix et "un soutien à l’acquisition de véhicules électriques".
Constatant également la nécessité de la mise en place d'une aide gouvernementale, la Fédération nationale des infirmiers (FNI) appelle à "la mise en place d'un carburant professionnel exonéré de taxes (TICPE et TVA) pour les infirmiers libéraux". "Cette mesure apparaît d’autant plus légitime que les infirmiers libéraux assurent une mission essentielle de service public et constituent un pilier du virage domiciliaire."
Début mars, Convergence infirmière appelait également à la mise en place d’un dispositif "de remboursement partiel de TICPE" (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) ainsi qu’au passage de "l’indemnité forfaitaire de déplacement (IFD) à 4 euros pour certaines typologies de patients", dans le cadre des négociations avec l'Assurance maladie. Reste à voir si toutes ces demandes seront entendues…
[avec France info]
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