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"Un motif par rendez-vous" : dérive ou survie du généraliste ?

 les choses, sans parler du changement de mentalité des patients. J’avoue avoir quitté le navire après 42 ans de quasi 'saccerdoce', démotivé et 'écoeuré' par le système de santé traitant les médecins avec un véritable mépris.

Ce qui est au cœur du problème c'est, entre autres, le niveau et le mode de rémunération. Le paiement à l’acte conduit à faire de l’abattage et le forfait ou salariat à pratiquer une médecine où le patient devient un pion entre médecins et/ou remplaçants interchangeables. Contrairement au beau discours de nos 'élites' le patient n’est plus la préoccupation première, centrée sur les budgets et la médecine générale est découpée, nivelée vers le bas et confiée à des 'professionnels de santé' sous le prétexte (réel) des déserts médicaux. Au final nous sommes tous responsables de cette situation, mais certains ... plus que d'autres."

 

"Ne cherche-t-il pas à sa façon à inscrire la médecine générale dans une démarche de qualité des soins?"

Par Potter le 18-06-2021

"Pourquoi blamer notre confrère ? Ne cherche-t-il pas, à sa façon, à inscrire la médecine générale dans une démarche de qualité des soins ? Il contraint la patientèle à hiérarchiser ses demandes. Il consacre 15 minutes à cette demande.

Moi je suis excedé tous les jours de cette derive de la patientele à consulter pour de multiples motifs (je n'ai quasiment plus de consultation pour un seul motif et la moyenne doit se situer entre 3-4 demandes par consultation). Satisfaire à chacune de celle-ci m'oblige fréquemment à prendre du retard, à diminuer le temps que j'accordais a la surveillance de la pathologie chronique, des verifications de la réalisation des actes de prévention, aux messages d'éducation à la santé ou de l'enrichissement du syteme d'information, et à differer sur un temps de travail hors consultation (et sans rénumération) le courrier au confrère specialiste, appeller pour avis, ou rediger l'acte administratif (dossier Cotorep/demande ALD, etc.). Je peste en demi silence par convention ou même lachété.

Lui, il agit, il essaye d'eduquer, de faire comprendre que l'important c'est aussi la qualité. Je ne peux pas le blâmer. L'exemple rapporté peut sembler un peu excessif. Il s'agit d'une premiere rencontre, il aura forcé le trait dans un but éducatif pour faire respecter sa regle. On remarquera qu'il accepte de nouveaux patients, une demarche que certains d'entre nous ont dû abandonner faute de temps ou d'énergie disponible. Refléchissons. Si la patiente avait uniquement parlé de sa diarhée chronique, peut être aurait-elle eu son échographie ? Est-ce à elle de decider de l'opportunité de cet examen ? Certains d'entre nous ne se seraient-ils pas senti considérés 'comme un distributeur automatique d'ordonnance' face à une personne qui pose la problématique ainsi : il me faut un traitement pour mes diarhées, une échographie abdominale et vous me ferez ma prolongation d'ALD. Qui n'aurait pas eu envie d'afficher sa desapprobation face à un comportement quelque peu 'consumériste' et dégradant pour le médecin. Oui les plus empathiques d'entre nous, les moins fatigués et peut etre moins agés (comme les deux remplaçants précédents peut être) reussiront à dépasser cela, et acceder aux demandes de la patiente avec le sourire. Peut etre que si la patiente de notre confrere était une ancienne patiente avec qu'il avait vécu tous les déboires qui l'ont conduit à son ALD etc., peut-être aurait-il aussi trouver l'empathie nécessaire pour dépasser la règle qu'il s'est donné, une fois encore probablement pour préserver la qualité de son diagnostic et de ses soins. "

 

"La durée de la consultation n'a pas encore été réglementée"

Par Juvanonim

"Parmi toutes les contraintes encadrant la consultation medicale, la durée de la consultation n'a pas encore été réglementée. C'est un des rares paramètres laissés à l'appreciation du medecin. Un consensus semble se dessiner : 15 minutes. Bien entendu, le medecin ne compte pas son temps quand il s'agit d'un probleme urgent. Mais il y a toujours une contrepartie, surtout depuis que la pandémie impose que la salle d'attente soit la moins remplie possible : une durée plus longue retentit sur les autres patients. On peut essayer de rattrapper en passant moins de temps avec certains. Mais ils se trouvent lésés à leur tour.

Si on considere que la durée moyenne doit etre plus longue, le pauvre medecin installé en désert medical verra moins de patients. Bref, le temps du medecin n'est pas extensible. C'est une question d'éducation : ne tirez pas sur la corde, chers patients. Sinon elle finira par casser et vous n'aurez plus de medecin du tout."

 

"C'est une médecine que je ne reconnais plus et qui me désole"

Par Expert 

"C'est une médecine que je ne reconnais plus et qui me désole. Si vous n'avez pas envie d'écouter les gens, reconvertissez-vous ; plombier c'est très bien, il paraît que 'ça gagne mieux'.

J'ai écouté mes patients, je prenais des rendez-vous longs, je ne me suis jamais plaint, j'estime avoir très bien gagné ma vie, et surtout, j'ai fait un métier humain que j'aimais et, je l'espère, avec humanisme. A vos pouces baissés puisque ce type d'exercice n'existe plus guère."

 

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