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Petites recettes et grands remèdes pour sauver la médecine libérale

Bien que largement mobilisée depuis deux ans dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19, la médecine de ville fait face à de nombreuses difficultés : perte d’attractivité, démographie en berne, conditions d’exercice dégradées, déserts médicaux… À deux mois de l’élection présidentielle, chacun y va de sa mesure pour redresser le navire, sans toutefois convaincre l’ensemble des acteurs. Invités le 8 février par les Contrepoints de la Santé, le Dr Jean-Ortiz, la députée LREM Stéphanie Rist et l’auteure Dominique Polton ont tâché d’imaginer quel pourrait être l’avenir de la médecine libérale afin d’éviter le délitement du système de santé.

Les soins de proximité sont malades. C’est désormais un diagnostic largement établi par les professionnels de santé libéraux, la population française, mais aussi les élus locaux, qui, à deux mois de l’élection présidentielle, tentent d’alerter les candidats sur les difficultés majeures d’accès aux soins. Face à un hôpital en souffrance, la médecine libérale n’est en effet pas épargnée : nombre de praticiens en exercice en chute libre, perte d’attractivité, rémunération parmi les plus basses d’Europe, manque de coordination… "La médecine de ville est en train de se déliter", a alerté le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), lors d’une conférence sur l’avenir de la médecine libérale organisée par les Contrepoints de la santé, le 8 février.

À la fatigue des médecins libéraux – souvent désarmés devant ces difficultés du quotidien qui s’amoncellent – s’est ajouté la colère face aux multiples propositions politiques visant à restreindre leur liberté d’installation. Une solution avancée par des parlementaires à gauche comme à droite de l’échiquier pour endiguer les déserts médicaux, qui ne devraient pas se résorber de sitôt. "Ce n’est qu’en 2030 qu’on aura retrouvé le niveau de médecins que l’on a aujourd’hui", expliquait en effet Marguerite Cazeneuve, directrice déléguée à la gestion et à l’organisation des soins de la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam), en décembre dernier lors d’un colloque organisé par MG France.

L’Assurance maladie évaluait à ce moment-là le nombre de Français sans médecin traitant à 6 millions, dont 10% souffrent d’une affection de longue durée.

Aux difficultés pour trouver un médecin traitant, s’ajoutent également des délais qui s’allongent pour "avoir un rendez-vous chez un médecin spécialiste", a soulevé le Dr Jean-Paul Ortiz, néphrologue de profession. La médecine générale apparaît également concernée. D’après un sondage BVA présenté lors des Contrepoints de la santé, 37% des Français déclarent rencontrer des difficultés pour prendre rendez-vous chez leur généraliste (en hausse de 7 points par rapport à l’année dernière), et 52% pour les spécialistes (+11 points par rapport à l’année dernière).

Le résultat, selon le Dr Ortiz, de la restriction du nombre d’étudiants en médecine via le numerus clausus durant des décennies - et qui a laissé place à un numerus apertus depuis la rentrée 2021. "À l’époque, on a diminué le nombre de médecins en pensant que si on diminuait le nombre de prescripteurs, ça irait mieux pour les comptes de la Sécurité sociale. Erreur funeste. Aujourd’hui, on le paie cher", a déploré le président de la CSMF, qui pointe par ailleurs un âge d’installation de plus en plus tardif, "38 ans désormais".

Pour attirer de jeunes médecins sur leur territoire, de nombreux maires ont opté pour le salariat, au détriment de la médecine libérale, qui attire de moins en moins les jeunes diplômés. Et dans certains départements, comme la Saône-et-Loire où 70 médecins ont été recrutés en quatre ans à 35 heures, cela semble porter ses fruits, a observé Dominique Polton, présidente du conseil scientifique à l’École des hautes études en santé publique. Pour le Dr Ortiz, "la surcharge de travail des médecins libéraux et leur engagement sur le terrain ne sont pas de nature à attirer les jeunes générations." La nouvelle génération, très féminine, aspire à une autre vie que ses prédécesseurs. "Il faut comprendre que nous avons une population médicale qui change. Il faut que le système s’adapte", a estimé Dominique Polton. "Avant le médecin était dans une logique de sacerdoce vis-à-vis de son métier. Aujourd’hui, les jeunes médecins veulent concilier leur vie personnelle et vie professionnelle. Ça se respecte, et il faut le gérer", a abondé le Dr Jean-Paul Ortiz.

Pour la députée La République en marche (LREM) du Loiret, Stéphanie Rist, la médecine de ville se trouve désormais à un "véritable tournant", après deux années de crise sanitaire sans précédent qui ont mis sur le devant de la scène les difficultés qui engrenaient le système. La médecine libérale doit aujourd’hui se transformer pour répondre aux besoins de la population et aux attentes des professionnels. En effet, a...

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