4 millions de personnes trop loin des urgences et 8 millions dans une zone sous dense

12/05/2017 Par Catherine le Borgne
Démographie médicale

Près de 4 millions de personnes, soit 6% de la population, résidaient à plus de 30 minutes d'un service d'urgences ou d'un Smur fin 2015 en France (hors Mayotte), selon une étude publiée jeudi par la Drees, le service de statistiques du ministère de la Santé. Garantir un accès aux urgences en moins de 30 minutes d'ici la fin du quinquennat était une promesse de François Hollande.

Les zones pour lesquelles les soins urgents sont les moins accessibles "sont souvent situées en moyenne montagne ou dans un environnement où les déplacements sont difficiles", note la Drees dans un dossier sur les déserts médicaux. Un peu moins de la moitié (46%) "des habitants des espaces ruraux isolés de l'influence des pôles urbains" sont ainsi concernés, les régions les plus touchées étant la Corse, la Martinique, la Bourgogne-Franche-Comté et la Guyane. Les "petits et moyens pôles urbains" et "les couronnes urbaines de grands pôles" ne sont pas épargnés, avec respectivement 13% et 5% de leurs habitants éloignés des urgences. En tenant compte d'autres modes d'accès aux soins urgents (hélicoptères, médecins correspondants du Samu), le nombre de personnes éloignées dépasse légèrement un million, soit 1,6% de la population. Selon le ministère de la Santé, 2 millions de personnes se trouvaient à plus d'une demi-heure de soins urgents en 2012, un chiffre depuis réduit de moitié. Autre enseignement de l'étude, 8 % de la population "réside dans une commune sous-dense en médecins généralistes", c'est-à-dire, selon l'indicateur retenu par la Drees, où le nombre de consultations accessibles chaque année pour chaque habitant est inférieur à 2,5 (contre une moyenne nationale de 4,1 consultations par an et par habitant). Les Antilles-Guyane, la Corse, l'Auvergne-Rhônes-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté mais aussi l'Ile-de-France sont les plus touchées. Entre 2012 et 2015, la population concernée a légèrement augmenté, mais l'accessibilité des zones déjà sous-denses au début de la période s'est très légèrement améliorée. Enfin, si 4 personnes sur 5 ont accès à une pharmacie dans leur commune de résidence, "2,5 % de la population, soit environ 1,6 million de personnes", vivent à plus de 10 minutes de l'officine la plus proche, en particulier dans les régions montagneuses ou très rurales. Seulement 0,5% de la population cumule des difficultés d'accès aux généralistes, aux urgences et aux pharmacies, 13,6% connaissant au moins une des trois. [Avec AFP]

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

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Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

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