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Psychobiotiques et symptômes dépressifs
De nombreuses personnes recevant des antidépresseurs ne répondent pas au traitement [1]. Parmi les approches complémentaires étudiées, la piste du microbiote intestinal semble être prometteuse, avec notamment l’utilisation de psychobiotiques pour le moduler.
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Entre 2013 et 2015, la prévalence en France des personnes avec un trouble dépressif (TD) était de 7,03 % [2]. De nos jours, c’est encore un problème majeur de santé publique [3]. Au-delà du coût important pour le système de santé, les TD diminuent la qualité de vie des patients, et dans les cas les plus graves peuvent conduire à leur décès.
L’étiopathologie de la dépression est encore mal comprise.
Plusieurs altérations ont été relevées, telles qu’un déficit fonctionnel en monoamines, une baisse du facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF), une neuro-inflammation [4]… Les stratégies de traitement actuelles ciblent les dysfonctionnements du système nerveux central (SNC) avec des psychothérapies et des médicaments. Toutefois, beaucoup de personnes ne répondent pas complètement aux traitements conventionnels [1].
Proposer de nouvelles solutions aux patients.
Des facteurs périphériques influençant la santé mentale sont de plus en plus investigués, dont notamment l’axe intestin-cerveau (système de communication bidirectionnel entre le SNC et l’intestin [5]). Celui-ci est désormais qualifié plus précisément d’axe microbiote-intestin-cerveau [5], puisqu’il a été démontré que le microbiote intestinal (MI) est impliqué dans la communication entre ces deux organes [6].
De nombreuses études ont rapporté des altérations du MI chez des patients souffrant de dépression [7,8,9]
Étant donné que le MI peut notamment moduler les facteurs biologiques mentionnés avant comme altérés et impacter l’humeur, la cognition et le comportement, la modulation de ce premier pourrait constituer une piste intéressante pour agir sur les symptômes dépressifs (SD) [8,9]. Ceci pourrait être fait avec des psychobiotiques (probiotiques et/ou prébiotiques ayant des bienfaits pour la santé mentale de l’hôte [10]). En effet, ils peuvent entrainer des effets de type anxiolytiques et antidépresseurs [10].
Une revue ayant inclus 19 études cliniques randomisées qui évaluaient l’efficacité des probiotiques/psychobiotiques pour améliorer l’état dépressif a d’ailleurs conclu que les probiotiques, en particulier les mix de plusieurs souches, semblent diminuer les SD [7]. Sur la base des données cliniques d’efficacité des probiotiques sur les SD, et afin de cibler également les atteintes cognitives associées à la dépression, un mix de 3 souches probiotiques (L. helveticus LA102, B. longum LA101, L. rhamnosus GG LA801) et de PEA (palmitoyléthanolamide; possédant des propriétés anti-inflammatoires et neuroprotectrices) a été développé. Cette association a ensuite été étudiée chez l’animal pour comprendre les mécanismes qui seraient impliqués dans l’efficacité. L’investigation préclinique a notamment révélé une modification de l’expression de gènes par le mix de souches et de PEA en faveur d’une diminution de l’inflammation colique et cérébrale, d’une augmentation de la plasticité, et d’une modulation des systèmes sérotoninergiques et dopaminergiques [11]. Ces modifications étaient associées à une amélioration du comportement de type anxiodépressif [11].
1. R. S. McIntyre et al., «Treatment-resistant depression: definition, prevalence, detection, management, and investigational interventions,» World psychiatry : official journal of the World Psychiatric Association (WPA), vol. 22, no. 3, pp. 394–412, 2023, doi: 10.1002/wps.21120.
2. J. La Arias-de Torre et al., «Prevalence and variability of current depressive disorder in 27 European countries: a population-based study,» The Lancet. Public health, vol. 6, no. 10, e729-e738, 2021, doi: 10.1016/s2468-2667(21)00047-5.
3. OMS. «Trouble dépressif (dépression).» [Online]. Available: https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/depression [consultation en septembre 2026].
4. L. Cui et al., «Major depressive disorder: hypothesis, mechanism, prevention and treatment,» Signal transduction and targeted therapy, vol. 9, no. 1, p. 30, 2024, doi: 10.1038/s41392-024-01738-y.
5. J. M. Sasso et al., «Gut Microbiome-Brain Alliance: A Landscape View into Mental and Gastrointestinal Health and Disorders,» ACS chemical neuroscience, vol. 14, no. 10, pp. 1717–1763, 2023, doi: 10.1021/acschemneuro.3c00127.
6. J. F. Cryan and T. G. Dinan, «Mind-altering microorganisms: The impact of the gut microbiota on brain and behaviour,» Nat. Rev Neurosci., vol. 13, no. 10, pp. 701–712, 2012.
7. A.-E. Menni et al., «Rewiring Mood: Precision Psychobiotics as Adjunct or Stand-Alone Therapy in Depression Using Insights from 19 Randomized Controlled Trials in Adults,» Nutrients, vol. 17, no. 12, 2025, doi: 10.3390/nu17122022.
8. A. Dziedzic et al., «The Power of Psychobiotics in Depression: A Modern Approach through the Microbiota-Gut-Brain Axis: A Literature Review,» Nutrients, vol. 16, no. 7, 2024, doi: 10.3390/nu16071054.
9. Z. Zainal Abidin et al., «Pharmacological modulation of the gut-brain axis: psychobiotics in focus for depression therapy,» Frontiers in pharmacology, vol. 16, p. 1665419, 2025, doi: 10.3389/fphar.2025.1665419.
10. A. Sarkar et al., «Psychobiotics and the Manipulation of Bacteria-Gut-Brain Signals,» Trends Neurosci, vol. 39, no. 11, pp. 763–781, 2016, doi: 10.1016/j.tins.2016.09.002.
11. A. Abot et al., « Probiotiques et PEA : diminution des symptômes anxio-dépressifs chez la souris âgée » Poster P-128, Congrès de l’Encéphale, Janvier 2026
Informations communiquées par PiLeJe
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