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@Victor Moussa/stock.adobe.com.

Un généraliste blâmé par l'Ordre pour des majorations de nuit jugées abusives

Un médecin généraliste installé en Vendée a écopé d'un blâme par la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins des Pays de la Loire pour avoir pratiqué des facturations jugées contraires à ses obligations déontologiques. Le conseil départemental de l'Ordre des médecins de Vendée avait porté plainte.  

10/09/2026 Par Sandy Bonin
Déontologie
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@Victor Moussa/stock.adobe.com.

En août 2025, le conseil départemental de l'Ordre des médecins de Vendée a déposé une plainte devant la chambre disciplinaire de première instance à l'encontre d'un médecin généraliste du département. Dans une décision datée du 7 mai 2026, dont Egora a eu copie, il est reproché au praticien, installé depuis décembre 2023, ses modalités d'exercice atypiques, comme le fait d'avoir choisi de ne pas être médecin traitant.  

Le CDOM reproche aussi au généraliste d'organiser son activité principalement autour de consultations d'urgences non vitales en soirée, accessibles uniquement via Doctolib à partir de 19 heures pour des rendez-vous à compter de 20h30. Le praticien proposait également des consultations d'avis médicaux le lundi et vendredi matin. 

Mais c’est surtout sa pratique de facturation qui a retenu l'attention de la chambre disciplinaire. Un contrôle de la CPAM portant sur la période du 15 décembre 2023 au 30 novembre 2024 avait mis en évidence des majorations de nuit facturées "quasi systématiquement". Or, selon la caisse, les consultations étaient, dans "la quasi-totalité des cas", programmées plusieurs jours à l'avance, la veille ou le jour même, ce qui ne permettait pas, au regard de la nomenclature, de facturer ces majorations. La chambre relève également qu'il avait facturé des majorations de nuit pour des consultations concernant deux de ses propres enfants. 

Une enquête financière avait été engagée et un indu notifié au médecin. Celui-ci s'exposait alors à une pénalité pouvant atteindre 22 905,05 euros, correspondant à 70 % des sommes indûment perçues. En mars 2025, le praticien s'était engagé à modifier son organisation, notamment en ouvrant des créneaux en journée et en ne proposant plus de rendez-vous après 20 heures sur Doctolib.  

Pour la juridiction ordinale, ces pratiques caractérisent notamment des abus de cotation, en méconnaissance des obligations déontologiques relatives à la probité, à l'interdiction de la fraude et à la détermination des honoraires avec tact et mesure. 

Le jour de l'audience, le président du conseil de l'Ordre des médecins de la Vendée avait asséné que cet "expert de la cotation fautive" des actes médicaux était d'une "mauvaise foi évidente. Cette façon mercantile de voir la profession est tellement évidente que je ne vois pas comment on pourrait laisser passer cela", avait-il estimé, a rapporté le site actu.fr. 

Lors de l'audience, le généraliste, père de trois enfants en bas âge, avait pris la parole après son avocat pour affirmer que cette organisation personnelle du travail n'avait pas été faite par "calcul financier" mais "pour pouvoir m'organiser de manière familiale". 

En revanche, la chambre disciplinaire a écarté le grief relatif à la communication publique du mode d'exercice du médecin. Le conseil départemental lui reprochait également d'avoir présenté son activité en mairie, dans une pharmacie, dans la presse et sur les réseaux sociaux. La chambre rappelle que si la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce et que les procédés publicitaires sont interdits, le code de déontologie autorise désormais les médecins à communiquer des informations objectives sur leurs compétences, leurs pratiques et leurs conditions d’exercice, notamment afin de faciliter l’accès aux soins. 

Enfin, l'Ordre départemental estimait que l'organisation du médecin, qui n'était notamment pas joignable en journée, portait atteinte à la continuité des soins et à la gestion des urgences. Une accusation non retenue par la chambre disciplinaire qui a considéré que les éléments apportés ne permettaient pas d'établir une atteinte à ces principes. 

Le jeune généraliste a finalement écopé d'un blâme. 

Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

Pascale Debenest

Pascale Debenest

Non

J'ai choisi médecine libérale justement pour être libre d'organiser mes journées comme je l'entends . Je suis en campagne (bourg d... Lire plus

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Binocle Lulu
5,3 k points
Débatteur Passionné
Ophtalmologie
il y a 29 jours
"Un contrôle de la CPAM portant sur la période du 15 décembre 2023 au 30 novembre 2024". Comme d'habitude, on laisse le médecin s'enfermer dans ses erreurs pendant un bon bout de temps avant de réagir. Parce qu'on va pouvoir lui soutirer plus de pognon. Bingo ! Pendant au moins un an, il n'y avait donc personne à la CPAM ou au Conseil de l'Ordre pour avertir ce médecin avant que sa situation ne s'aggrave ?
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Avocat Du Diable
6,8 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 1 mois
Combien de généralistes reçoivent des patients sans RDV après vingt heures de peur d'être sanctionnés de non assistance à personne en danger et au tarif de jour de peur d'être accusés AUSSI de facturation abusive ? Les CROM ignorent ces situations qui peuvent conduire au burn out . Les CROM où les syndicats portent ils plainte contre la CNAM ou l'état pour non respect de l’article L. 4121-1 du Code du travail qui impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et mentale du personnel ? (Les médecins libéraux sont souvent dans cette situation aujourd'hui et pour bien des raisons ) Ben non , L'état ou la CNAM peuvent mal traiter les libéraux à outrance jusqu'au suicide puisqu'ils ne sont pas employeurs . Une situation peut être légale tout en étant moralement condamnable. Elle mérite cependant d'être dénoncée et elle est malheureusement rarement , pas plus dans la presse que par les syndicats ou le CNOM .
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Corinne Gi
6 points
il y a 28 jours
La Cpam s’acharne sur professionnels honnêtes pour quelques €,mais laisse faire ceux qui jettent l’opprobre sur les professions de santé. Mes tantes non voyantes de 95 ans avaient un médecin qui se remplissait le chèque et utilisait la carte vitale.Il passait le soir ,elles n’ont jamais voulu que je le signale par peur de perdre le médecin…pour signaler un abus, il faut leur envoyer une lettre recommandée ,très pratique !
 
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