police nationale

@Florence Piot - stock.adobe.com

Son patient est suspecté de fraude : une médecin convoquée par la police

Une praticienne des Hauts-de-France a vu débarquer des policiers au cabinet pour lui remettre une convocation, dans le cadre d'une enquête pour escroquerie impliquant l'un de ses patients. Une méthode questionnable selon la CSMF, qui précise que plusieurs médecins pourraient subir le même sort.  

03/06/2026 Par Louise Claereboudt
police nationale

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C'est une affaire peu commune que relate la CSMF des Hauts-de-France dans une communication adressée ce mercredi 3 juin à ses adhérents. Une médecin a récemment alerté le syndicat après s'être vu remettre, par des agents de police dépêchés à son cabinet, une convocation au commissariat pour une "audition de mis[e] en cause pour des faits de complicité d'escroquerie". Un entretien programmé deux heures plus tard… 

Sur les conseils du syndicat, la médecin s'est finalement rendue quelques jours plus tard au commissariat accompagnée d'un avocat. Lors de l'audition, la praticienne a découvert que l'enquête portait sur une suspicion de fraude impliquant l'un de ses patients. "Sans entrer dans le détail d'un dossier en cours, il apparaît que des éléments avaient déjà été communiqués incidemment par notre consœur aux organismes concernés", note la CSMF. Eléments qui, selon le syndicat, auraient pu exclure d'emblée toute implication de la médecin dans la fraude investiguée. 

Ainsi, une convocation au commissariat était-elle vraiment nécessaire ? s'interroge la CSMF. "Soyons clairs : les médecins ne réclament le bénéfice d'aucun statut particulier face à la justice et doivent naturellement répondre aux convocations qui leur sont adressées dans le cadre d'une enquête judiciaire", assure le syndicat. Et d'ajouter : "Nous soutenons également sans faille la lutte contre les fraudes et les médecins ont vocation à y contribuer lorsque les autorités les sollicitent."

L'organisation attire toutefois l'attention sur "les conséquences très concrètes de telles procédures pour les médecins libéraux" : "désorganisation des consultations", "stress considérable", "nécessité de recourir à un avocat et coûts parfois importants pour se défendre".  

"Si chaque enquête ouverte à propos d'une fraude présumée d'un patient devait conduire à la convocation par la police du médecin lui ayant assuré une prise en soin, les conséquences sur nos exercices quotidiens pourraient rapidement devenir significatives…", met en garde la CSMF, qui précise à Egora que "plusieurs médecins" pourraient subir le même sort que la praticienne dans le cadre de cette enquête pour fraude. 

Le syndicat plaide pour que, "lorsque les éléments du dossier permettent déjà d'écarter toute suspicion sérieuse à l'égard du praticien", "les modalités de recueil d'information puissent être adaptées et proportionnées à la situation". 

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

2 débatteurs en ligne2 en ligne
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Didier Massol
171 points
Incontournable
il y a 13 jours
Les méthodes des forces de l’ordre sont facilement sujettes à caution. J’ai eu le « plaisir« de voir débarquer à mon cabinet, il y a 40 ans, en pleine consultation, deux gendarmes tout juste aimable ( c’est une litote) me demandant si je savais où était ma fille de 3 ans !!! Et bien je peux vous dire que ça fait un choc. Mes assistantes étaient sans voix, mais heureusement , mon patient ne s’est rendu compte de rien. En fait, ils enquêtaient sur la gamine retrouvée assassinée sur les bords de l’autoroute à côté de Blois. Et ils recensaient toutes les enfants de cet âge dans la région. Evidement, j’ai téléphoné de suite pour me plaindre de leur méthode et ils m’ont répondu benoîtement que c’était pour créer une situation dans laquelle l’assassin pourrait être mis en difficulté. N’importe quoi. Mais 40 ans aprè, je n’ai toujours pas oublié……
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MICHAEL FINAUD
4,6 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 22 heures
Pour autant lorsqu'un praticien est soupçonné de fraudes à tort par la CPAM, on ne voit pas trop souvent les forces de police venir à son secours !
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JACQUES MARESCHAL
332 points
Médecine générale
il y a 9 jours
Et grâce à ce type de fonctionnement, cela permet de dire , après, qu’ils sont débordés, et n’ont pas le temps de s’occuper des pédophîles dangereux. Deux heures d’interrogatoire d’un généraliste, ça doit bien remplir la journée et ça ne doit pas être trop dangereux ! Tout le monde a malheureusement ce genre d’exemple d’actions contre productive occupant largement l’emploi du temps des gendarmes ! S
 
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