La corticothérapie par voie orale reste très (trop ?) prescrite chez les enfants et les adultes

08/01/2020 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme
La corticothérapie reste un traitement de choix dans diverses maladies. Dans le cadre d’une étude de population menée en Suède, la prévalence de l’utilisation des glucocorticoïdes à des doses associées à un risque d’insuffisance corticotrope, tant chez l’adulte que chez l’enfant, ainsi que les indications thérapeutiques ont été analysées.

Il s’agissait d’une étude de cohorte rétrospective dont les données ont été obtenues à partir du registre des médicaments prescrits en Suède. Les patients dont les prescriptions de prednisolone (ou dose-équivalente des autres glucocorticoïdes) étaient de plus de 5 mg/j pendant plus de 21 jours, entre 2007 et 2014, ont été inclus. Les informations sur les maladies pour lesquelles étaient prescrits les corticoïdes étaient obtenues à partir du registre national des patients en Suède et d’une base de données régionale portant sur un comté de l’ouest de la Suède. Sur les 1 585 335 habitants du Comté Västra Götaland, 223 211 ont été inclus dans l’étude dont 55.6 % de femmes. L’âge moyen était de 48 ± 24 ans. La prévalence de la corticothérapie orale durant cette période d’étude de 8 années était de 14.1 %. La prévalence la plus élevée (27.4 %) était observée chez les hommes âgés de 80 à 89 ans et la prévalence la plus basse (7.5 %) chez les hommes âgés de 10 à 19 ans. La prévalence pendant la même période chez les enfants âgés de 0 à 9 ans était de 10.6 %. L’insuffisance respiratoire chronique et l’asthme étaient les indications de traitement les plus fréquentes (17.2 %) suivies par l’allergie (12.5 %) et les cancers (11.5 %). L’allergie était l’indication la plus fréquente (20.5 %) chez les enfants et les adolescents. En conclusion, entre 2007 et 2014, 1 habitant sur 7 de l’ouest de la Suède a reçu des glucocorticoïdes à des doses associées à un risque de développer une insuffisance corticotrope. Il est donc important de bien informer tous ces patients sur le risque potentiel d’insuffisance corticotrope et sur les autres conséquences possibles et cela aussi bien chez les enfants que chez les adultes de cette prescription de glucocorticoïdes à forte dose.

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Marie GILARDI

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