Taxe sur les boissons sucrées, la preuve mexicaine

18/05/2020 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme Nutrition
L’application de taxes sur les boissons sucrées a été proposée comme moyen d’intervenir pour réduire la consommation de sucres.

Les taxes ont montré qu’elles étaient efficaces pour réduire la consommation de boissons sucrées au Mexique lorsqu’on analysait les ventes au niveau des foyers. Il était intéressant d’analyser également les variations de consommation individuelle en fonction de cette taxe et c’est ce qu’a proposé une équipe mexicaine dans le cadre d’une analyse de cohorte longitudinale ouverte visant à analyser les variations des catégories de consommation de boissons sucrées. Trois vagues d’une cohorte, la cohorte Health Workers Cohort Study Mexico, entre 2004 et 2018, ont été analysées, portant sur 1 770 personnes âgées de plus de 19 ans. Avant la mise en place de la taxe, plus de 50 % des participants avaient une consommation médiane ou élevée de boissons sucrées et moins de 10 % n’en consommaient aucune. Après la mise en place de la taxe, 43 % de la population était rangée dans la catégorie des consommateurs moyens ou élevés et la prévalence des sujets ne consommant pas de boisson sucrée a augmenté, passant à 14 %. Trois ans après la mise en place de la taxe, au 1er janvier 2014, la probabilité de ne pas consommer de boissons sucrées a augmenté de 4.7 (IC 95 % = 0.3 à 9.1) points de pourcentage et celle d’être un consommateur faible a augmenté de 8.2 (0.6 à 16) points de pourcentage en comparaison avec la période précédant l’instauration de la taxe. A l’inverse, la probabilité d’être dans le groupe des consommateurs médians ou élevés de boissons sucrées a diminué de 6.8 (0.5 à 13.2) points de pourcentage et celle d’être dans le groupe des consommateurs élevés de boissons sucrées a augmenté de 6.1 (0.4 à 11.9) points de pourcentage. Il n’y avait d’hétérogénéité de l’effet de la taxe en fonction des revenus mais les effets les plus importants de cette taxe étaient observés chez les participants ayant fait des études secondaires ou au-delà en comparaison de ceux qui n’avaient pas dépassé l’école primaire. En conclusion, dans une cohorte de soignants, la taxe sur les boissons sucrées mexicaines est associée à une réduction de la probabilité de consommer des boissons sucrées. Cela ne peut bien sûr pas être extrapolé à la population mexicaine globale mais en tout cas ces résultats suggèrent que 3 ans après la mise en place de la taxe, celle-ci a permis d’augmenter la proportion des sujets qui ne consomment pas de boissons sucrées et de diminuer la proportion des consommateurs élevés ou médians de boissons sucrées.

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